Rencontres chorégraphiques

En Seine-Saint-Denis du 4 mai au 2 juin

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SI DANS CETTTE CHAMBRE UN AMI ATTEND... -une pièce chorégraphique de et avec Perrine Valli. ADC, Genève, le 9 mars 2012. © Dorothée Thébert Filliger
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SI DANS CETTTE CHAMBRE UN AMI ATTEND... -une pièce chorégraphique de et avec Perrine Valli. ADC, Genève, le 9 mars 2012. © Dorothée Thébert Filliger
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Quel point commun y a-t-il entre Régine Chopinot, Mark Tompkins et Philippe Decouflé ? Ils ont tous (et parmi beaucoup d'autres) fait partie de « la génération Bagnolet », et essuyé les plâtres en tentant leur chance au « Ballet pour demain ». Un tremplin imaginé en 1969 par Jaque Chaurand, lui-même ancien danseur, afin de promouvoir la « nouvelle danse ». De celle qui s'affranchit des tutus et revendique un autre langage corporel. Alors que le milieu reste peu réceptif voire très critique au modernisme, Chaurand sort le genre de la clandestinité. En quelques années, le concours de Bagnolet devient une véritable niche de talents et participe à la naissance de la nouvelle vague parmi lesquels Maguy Marin, Karine Saporta ou encore Angelin Preljocaj.

Changeant de nom une première fois en 1988 pour devenir le CIBOC (Centre international de Bagnolet pour les œuvres chorégraphiques), il n'adoptera qu'en 1995 son patronyme actuel : les Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis. Danseurs et chorégraphes de tous horizons se donnent ainsi rendez-vous tous les deux ans à la Maison de la culture de Bobigny pour présenter leurs créations aux professionnels et amateurs avertis et s'inspirer de celles des autres. Fort de son succès et de son exceptionnelle réputation, les Rencontres deviendront enfin annuelles en 2003, sous l'égide de leur nouvelle directrice Anita Mathieu.

Malgré une scandaleuse diminution des subventions*, l'édition 2012 continue de proposer un panel toujours plus large des pratiques chorégraphiques actuelles. Témoin de son temps, tremplin pour jeunes artistes mais aussi démonstration de la pluralité du genre, le festival ne se contente pas de ses frontières, les Etats-Unis (DD Dorvillier), l'Autriche (An Kaler) ou encore le Portugal (Tânia Carvalho) seront représentés tout au long du mois de mai.

Au total 22 spectacles (dont 9 créations) et une conférence seront accueillis dans une dizaine de lieux. Les 20 compagnies invitées sillonneront la Seine-Saint-Denis de Pantin à Bobigny, du Blanc-Mesnil jusque du côté de Bagnolet pour sensibiliser les Dionysiens et les curieux à un événement nécessaire dans un paysage culturel francilien de plus en plus menacé. Négligez votre paresse, bravez les averses et foncez au théâtre.

* Selon l'Express.fr près de 20 000 euros en moins cette année.

• Où ?

MC93 Bobigny

Il faut d’abord parcourir la ligne 5 du métro puis marcher quelques minutes avant d’arriver à la Maison de la culture de Bobigny. Mais le temps passé dans les transports en commun sera loin d'être perdu, surtout si vous avez choisi d’assister à un spectacle du Standard Idéal. Ce festival inauguré en 2004 invite chaque hiver sur ses planches la fine fleur des metteurs en scène européens. L’occasion de faire le plein de spectacles hongrois, allemands, anglais ou encore italiens. Un écrin de verre dans lequel se tient également l’Atelier des 200. Le temps d’un week-end, 200 amateurs sont invités à découvrir en compagnie des metteurs en scène de la saison l’envers du décor, notamment le jeu d’acteur. Il ne reste plus qu’à vaincre sa timidité et se lancer !

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France

Centre national de la danse

Une fois à Pantin, vous n'aurez sans doute aucun mal à tomber sur le Centre national de la danse et son architecture brutaliste imaginée par Jacques Kalisz. Avec ses pieds au bord de l’eau, son élégant escalier central et son enseigne dessinée par Pierre Di Scullio, il n’est pas étonnant qu’en 2004, Antoinette Robain et Claire Guieyse (les deux architectes en charge de la rénovation du lieu) aient reçu le prix d’Equerre d’argent. Un air de musée mais une programmation de danse qui détonne. C’est dans ces 7 000 m2 que, tout au long de l’année, les meilleurs chorégraphes se donnent rendez-vous : Mark Tompkins, Régine Chopinot ou encore Anne Juren participent ainsi à la saison 2011/2012… Au total, trois salles sont réservées aux représentations publiques sur un total de onze. Car si le bâtiment est tourné vers les spectacles, une de ses plus grosses missions reste néanmoins la pédagogie. Il offre en outre des formations destinées aux professionnels de la danse, une médiathèque spécialisée particulièrement riche, ainsi qu’une foultitude de conférences…

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Paris

Espace 1789

Josef Nadj, Denis Podalydès, Kader Attou… Il y a du beau monde sur les planches de l’Espace 1789. Erigé en 1989 à la place de l’Alhambra, il n’a depuis pas changé de créneau et propose toujours entre ses murs projections de films d’art et essai et spectacles de théâtre et de danse. Riche de deux salles, cette plateforme de diffusion et création co-dirigée par Elsa Sarfati et Denis Vemclefs peut accueillir près de sept-cents Audoniens. Son ciné-club pointu (Eustache, Scorsese, Dreyer…) et sa programmation jeune public de qualité (Joël Pommerat) ont contribué à faire de l’Espace 1789 un lieu de vie et de rencontre où la culture se partage sans snobisme.

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Nouveau théâtre de Montreuil

C’est à la place du TJS (théâtre des Jeunes Spectateurs) que le Nouveau Théâtre de Montreuil a été édifié. Un bâtiment au design minimaliste lourd de béton et d’acier qui depuis 2005 n’accueille plus seulement des spectacles jeune public. L’ancienne directrice Gilberte Tsaï (remplacée par Mathieu Bauer depuis juillet 2011) a ainsi mitonné une programmation mêlant musique, théâtre et danse. Des spectacles qui abordent les conflits de générations ('La Mouette'), la musique punk ('Please Kill Me') ou encore les nouveaux rapports à la féminité ('Modèles'). Chaque création donne aussi l’occasion soit d’assister à des stages soit de participer à des rencontres thématiques. Des ateliers gratuits orchestrés le samedi pour apprendre à créer et réaliser des costumes ou à concevoir de la vidéo.

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Théâtre le Colombier

Depuis 1997, la compagnie Langajà Groupement a fait de l’écriture contemporaine son leitmotiv. En inaugurant le théâtre Le Colombier en 2000, la compagnie a poussé sa passion pour le langage artistique un peu plus loin et y produit désormais ses propres spectacles. Son directeur artistique, l’auteur et metteur en scène Gilles Sampieri, y vit. Il s’est donné une mission : « étudier la force des mots et des images sur nos comportements ».Plus que de simples représentations, Le Colombier présente ainsi une pratique en constante évolution et une volonté de « refaire à l’auteur une place dans le théâtre ». Pour cela, le théâtre bénéficie d’un espace scénique volontairement blanc et dénudé, laissant à chaque discipline la place de s’exprimer pleinement.

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Le Forum

« Un théâtre pour être ensemble », c’est le credo du Forum de Blanc-Mesnil. Un lieu de rendez-vous multidisciplinaire où se côtoient théâtre, danse, musique, photographie et même cirque. Dirigé par Xavier Croci, le Forum héberge huit compagnies d’artistes résidents, et abrite deux salles de spectacle (un auditorium de 150 places et une grande salle de 350 places) ainsi qu’une galerie d’exposition. Mais ici, l’expérience ne s’arrête pas à la simple représentation artistique : l’équipe du Forum veut privilégier les rencontres avec le public. Libre à vous de passer une demi-journée, trois jours ou même une semaine en immersion pour découvrir l’envers du décor : répétitions, montage d’expos, tout vous sera ouvert. Avec l’aide des artistes résidents, vous pouvez également participer à des ateliers de pratique artistique. Et pour ceux qui se sentiraient d’humeur métaphysique, rien ne vous empêche non plus de vous lancer dans des débats philosophiques autour d’un thé.

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Espace Michel Simon

Les touristes du monde entier y viennent se faire tirer le portrait bras-dessus bras-dessous en compagnie de Cendrillon, Dingo ou Tic et Tac, mais Marne-La-Vallée ne cache pas que Disneyland. Bien ancré au cœur de Noisy-le-Grand, l’Espace Michel-Simon propose pas moins de 6000 m2 dédiés à la culture. Inauguré en 1989, ce titanesque théâtre municipal propose un café-littéraire, des séances de contes, un ciné-club, un large espace d’exposition (800 m2) et un bar-restaurant où l’on peut deviser des heures durant du dernier spectacle présenté. Du théâtre, du cirque, de la danse, du cinéma mais aussi de la musique au travers de concerts et lors de leur très bon rendez-vous mensuel "Les petits scènes de jazz". Il ne reste plus qu’à choisir parmi la pléiade d'événements proposés.

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Maison du théâtre et de la danse

Non, Epinay-sur-Seine n’est pas en reste côté culture. Pour preuve sa très vivante Maison du théâtre et de la danse. Un espace de diffusion et de création voué à sensibiliser les Spinassiens au théâtre et à la danse. Pour ce faire la MTD invite chaque saison deux compagnies à s’installer dans les locaux, l’occasion pour eux de créer, de répéter, de rencontrer mais aussi d’animer de nombreux ateliers. Essence même du lieu, pas moins de quinze cours sont organisés chaque semaine, s’adressant indifféremment aux enfants, aux adultes, aux férus de théâtre comme aux amateurs de danse africaine.

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La Chaufferie

Métro ligne 13 jusqu’à la station Saint-Denis Basilique, puis enfin sorti des souterrains franciliens, marchez en direction de la place du 8 mai 1945, tournez à gauche dans la rue Auguste Poullain, puis rue Pierre Brossolette. Au bout, la voilà, la Chaufferie et sa grande cheminée bleue. C’est ce lieu hors du commun (une ancienne usine thermique reconvertie en « studio laboratoire ») que Philippe Decouflé, chorégraphe star des JO d’Albertville, a installé sa compagnie baptisée DCA. C’est ici que les chorégraphies sont répétées en boucle, que la magie prend vie. Mais si la Chaufferie est un espace de travail pour la DCA, elle est aussi une salle de spectacle et le théâtre de nombreux ateliers.

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La Dynamo

Direction le cœur du quartier des Quatre-Chemins à Pantin. Il ne vous faudra que quelques enjambées depuis la sortie du métro pour atteindre la Dynamo. Cette ancienne friche autrefois destinée à la fabrication de sacs de toile de jute cache en son sein une exceptionnelle salle de concerts, la première exclusivement construite pour le jazz et les musiques improvisées dans l’Hexagone. Un cadre urbain du début du XXe siècle dans lequel se déroule chaque printemps le Festival Banlieues Bleues, véritable niche en la matière. Jazz fusion, free-style et bœufs en tout genre viennent alors hanter les lieux. Une qualité acoustique reconnue pour cette salle qui compte pas moins de trois studios de répétitions, une grande halle industrielle sous verrière (la nef), une cafétéria et un jardin. De la musique certes, mais pas que. La Dynamo prête aussi ses murs à des expositions et sa scène à des spectacles. On y retrouve entre autres les Rencontres chorégraphiques.

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France

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