Schnock, une chic revue

Le numéro 6 en librairie aujourd'hui

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Il paraît que la presse française va mal, que l'avenir c'est le web. Les Unes du Nouvel Obs, des Inrocks, de Charlie Hebdo ou de l'Express n'en finissent plus de scandaliser (pour des raisons diverses) les lecteurs, lesquels s'épanchent sur Twitter ou Facebook en critiques très sévères. Et pourtant, les arbres n'ont pas fini de trembler, car le papier continue de faire rêver. Les journalistes d'abord, qui n'ont pas encore abandonné l'idée que l'imprimerie est l'une des plus nobles inventions humaines, mais aussi le public. La preuve, de nouvelles revues de qualité se créent régulièrement et parviennent parfois à trouver un écho favorable. C'est le cas de Schnock, autoproclamée la « revue des Vieux de 27 à 87 ans », dont le sixième numéro paraît aujourd'hui en librairie.

Trimestriel, Schnock a fait le pari de la nostalgie intelligente, celle qui s'intéresse à des pans entiers de la culture populaire française que l'on a plus ou moins oubliés. Le mot-clé, c'est « populaire » : ici, on assume son amour pour les seconds couteaux du cinéma de papa (Michel Crémadès), les humoristes (Daniel Prévost, Jean Yann, le Splendid), les acteurs maudits (superbe article sur Maurice Ronet), les rockers français et assimilés (Dick Rivers, Vince Taylor) et plus globalement toute la culture des années 1970 et 1980, des loubards à Groquik (oui, le personnage mythique obèse et jaune qui venait à la rescousse d'enfants idiots, dont on volait en permanence le Nesquik).

Groquik, espèce en voie d'extinction

Groquik, espèce en voie d'extinction

A chaque fois, la couverture dessinée par Erwann Terrier met en avant une personnalité vedette un tantinet rétro que l'équipe va passer au crible, si possible sous un angle décalé. Le but n'est pas de ressasser tout ce qui a été dit sur Jean-Pierre Marielle ou Serge Gainsbourg, mais de dévoiler des aspects peu connus, originaux, inattendus. Autour de ce dossier, d'autres articles passionnants se chargent de nous faire revivre les années d'un passé récent mais qui paraît déjà si lointain. Ce faisant, c'est presque une œuvre d'historien du temps présent que ces journalistes réalisent, un travail mêlant recherche, entretiens et sens du récit, une tâche que Jules Michelet décrivait comme la « résurrection intégrale du passé ». Maquette ludique et efficace, contenu délicieusement réac', on se régale à la lecture de Schnock. Certes, il faut débourser 14,50 € pour se le procurer, mais dites-vous bien que vous ne le regretterez pas. Et c'est moins cher qu'un Marc Lévy à sa sortie.


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