5 séries à découvrir

Les meilleures séries US du moment

1/5

Jane Campion, palmée d’Or en 1993 pour son film ‘La Leçon de piano’, a toujours eu un faible pour les histoires de patriarcat et d’émancipation féminine. ‘Top of the Lake’, minisérie américano-australo-britannique de sept épisodes, en est jusqu’à présent l’exploration la plus frontale et la plus violente. L’action se déroule en Nouvelle-Zélande, où la nature, personnage central du récit, est aussi belle qu’elle est hostile – l’eau glaciale du lac Wakatipu peut tuer en quelques minutes.

Robin, détective spécialisée dans la protection des mineurs, se prend d’affection pour Tui, une fillette de 12 ans enceinte de cinq mois, vraisemblablement après avoir été violée. Lorsque Tui disparaît, Robin décide de mener l’enquête. ‘Top of the Lake’, pour paraphraser GJ, la gourou mystique qu’incarne Holly Hunter, vous mettra à genoux. Elizabeth Moss, qu’on admirait déjà pour son rôle de Peggy dans ‘Mad Men’, se heurte encore une fois à l’ignorance et à la violente misogynie de ses pairs. Sauf qu’ici, il ne s’agit plus du charmant Don Draper, mais d’inquiétants bouseux alcooliques, qui ne font aucune différence entre sexe et viol. Le propos est dur, mais la justesse de l’interprétation et les visuels hypnotiques font de ‘Top of the Lake’ l’un des meilleurs projets cinématographiques de l’année.

A voir sur Arte les 7 et 14 novembre, et en streaming sur Arte+7.

2/5

A première vue, on pourrait facilement qualifier ‘Masters of Sex’ de « Mad Men du pauvre » : même époque, même photographie léchée, et quelques thèmes en commun – l’arrogance masculine, l’émancipation de la femme. Mais après quelques épisodes, la comparaison nous semble désormais impossible. ‘Masters of Sex’ raconte la vraie histoire de William Masters (Michael Sheen) et Virginia Johnson (Lizzy Caplan), deux pionniers du sexe qui ont décidé dans les années 1950 d’étudier les mécanismes du plaisir.

La série de Michelle Ashford n’est vieille que de quelques semaines, mais son potentiel est déjà flagrant. Le ton est délicieusement espiègle – forcément –, et le sujet libérateur. Car voir le sexe à travers le regard de ceux qui n’y connaissaient rien – « mais pourquoi diable une femme simulerait-elle un orgasme ? » se demande le Dr. Masters – est une expérience plutôt déconcertante. Si nos moeurs ont bien changé depuis les années 1950, force est de constater que certains clichés, eux, ont la peau dure.

A voir sur OCS City.

3/5

Ah, les années 1980 : Cher, les sacs-bananes, la guerre froide... Une décennie souvent délaissée par les scénaristes, que Joe Weisberg, ancien agent de la CIA, a eu la bonne idée d’investir. 'The Americans' démarre en 1981, et suit la vie mouvementée de deux agents du KGB infiltrés aux Etats-Unis. Elizabeth (Keri Russell) est une espionne froide et méthodique, fidèle à la cause soviétique. Philip (Matthew Rhys), lui, s’est laissé séduire par l’Amérique – c’est quand même bien mieux que l’URSS, où il n’y a ni clim’ ni burgers. Entre eux, le courant ne passe pas trop, malgré quinze ans de faux mariage. Quant à leurs deux enfants, ils sont loin de se douter que leurs géniteurs sont d’implacables espions russes.

Dès ses premières scènes, ‘The Americans’ rappelle la série d’espionnage ’Alias’ de JJ Abrams – difficile de ne pas voir un peu d’Irina Derevko dans le personnage d’Elizabeth –, mais s’arrêter à cette comparaison serait une erreur. Certes, chaque épisode contient sa dose d’adrénaline, de sexe et de perruques, mais la puissance de la série réside plutôt dans son portrait fascinant d’une famille désunie, basée sur le mensonge. Ce drame historique, chronique d'une époque, n’en est qu’à sa première saison. Mais s’il continue sur sa lancée, il pourrait bientôt rivaliser avec ‘Mad Men’.

A voir sur Canal + Séries.

4/5

‘American Horror Story’ est de loin la série la plus dingue, la plus férocement couillue du moment. Si vous ne me croyez pas, jetez un rapide coup d’œil à n’importe quel épisode de la troisième saison, en cours de diffusion aux Etats-Unis : vous y croiserez des sorcières, des zombies, des esclaves, des rites vaudou, et même un minotaure.

Cette série n’a aucune limite. Chaque année, l’histoire change mais les acteurs restent. Et quels acteurs : Jessica Lange, Denis O’Hare, Frances Conroy, Zachary Quinto, Gabourey Sidibe, James Cromwell, Kathy Bates, bref, un défilé de pointures, qui s’amusent visiblement comme des fous. Car Ryan Murphy, qui n’est autre que le créateur de ‘Nip/Tuck’ et ‘Glee’, prend un malin plaisir à emmerder les conventions, et en fait des caisses, filme à l’envers ou en fish-eye, tue des personnages puis les ressuscite, repoussant toujours un peu plus loin les limites de l’horreur et du mauvais goût.

Au fond, Murphy a peut-être un peu de Romero en lui : tous ces monstres, toute cette violence ne sont qu’un prétexte. La vraie horreur, nous dit-il, ce ne sont pas tant les fantômes et les sorcières, mais plutôt le racisme, l’homophobie, l’extrémisme religieux, la marginalisation des obèses, des handicapés et des moches. En ce sens, ‘American Horror Story’, sous ses airs de train fantôme pour adultes, est un sublime défouloir. Courez-y, si vous avez le cœur bien accroché.

A voir sur Ciné + Frissons.

5/5

On a déjà beaucoup parlé de cette série Netflix, encore inédite en France, et c’est bien légitime. Ecrite et réalisée par Jenji Kohan, la créatrice de ‘Weeds’, ‘Orange is the New Black’ est tout simplement la révélation de l’année. Avec son casting majoritairement féminin, faisant la part belle à des actrices noires, métis ou latino, trans, lesbiennes, grosses, maigres, petites et quasiment pas maquillées, la série fait (malheureusement) figure d’exception dans le paysage audiovisuel d’aujourd’hui.

Piper, petite bourgeoise bien coiffée, part purger une peine de prison pour avoir transporté de l’argent sale dix ans plus tôt. Le personnage est plutôt antipathique, mais il n’est qu’une porte d’entrée. Très vite, la série ne tourne plus autour de Piper mais choisit de s’intéresser aux autres détenues, à leur passé et à leur survie dans le monde carcéral. Grâce à une succession de portraits riches et contrastés, la série parvient à subvertir toutes les attentes et les préjugés du spectateur. Certaines de ces femmes sont en prison pour avoir volé, d’autres ont commis un meurtre. Mais Jenji Kohan les dépeint toutes avec humour et compassion, si bien qu’à la fin de la première saison, on ne veut plus les quitter.

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