Une Faille

© Pierre Grosbois

Voilà maintenant deux saisons que les personnages d’‘Une faille’ nous font découvrir Montreuil. Un peu à la manière de ‘Plus belle la vie’, mais sans le soleil et la Cannebière. Un feuilleton théâtral mis en scène cette année par Bruno Geslin pour les deux premiers épisodes, et par Pauline Bureau pour les derniers. Un final réussi, à la fois drôle et émouvant.
Pour cet ultime opus, la metteur en scène renoue avec l’essence même d’‘Une faille’, et l’héritage non pas de Bruno Geslin, mais de Mathieu Bauer, son créateur. ‘Une faille’ est donc redevenue une véritable série mise à hauteur de scène, un spectacle qui s’inscrit à la fois dans la ville (Montreuil) et dans le quotidien d’une poignée de personnages. Une belle surprise en somme avec génériques de début et de fin, et deux superbes reprises d’"Enjoy the silence" de Depeche Mode. Pour cette mise en scène divisée en deux parties, Pauline Bureau évite les écueils dans lesquels était malheureusement tombé Geslin.
Exit la complexité narrative, la metteur en scène réussit à faire de son spectacle un show cohérent aux dialogues ciselés. Vous n’avez vu aucun épisode jusqu’ici ? Pas de problème. Le spectacle s’apprécie dans son unité sans prérequis, ni résumé. Parce qu’elle raconte plusieurs histoires simultanément – l’expulsion d’Hugo, le travail artistique de Nabil, les rencontres de Nathalie, le quotidien de Marlène – et ne se limite pas à raconter « la suite », Pauline Bureau réussit à faire de sa propre ‘Faille’, un récit à part entière. Un spectacle où se succèdent des scènes cocasses, des histoires d’amour, des témoignages poignants et le récit plein d’émotion de l’affaire de la station Charonne. Pas seulement des blagues, pas seulement des anecdotes, pas seulement des scénettes. Un travail de mise en scène aux petits oignons sublimé par le texte plein d’esprit et de maturité de Sophie Maurer. Bravo !

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