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Interview • Le Joli Collectif

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Time Out Paris a 2x2 places à vous offrir pour chacune des représentations de 'Modeste Proposition' et de 'Peggy Pickit voit la face de Dieu' au Théâtre de la Loge, du mercredi 21/11 au vendredi 23/11. Pour participer, c'est ici.

'Peggy Pickit voit la face de Dieu' par Vincent Collet


Time Out Paris : Pourquoi avoir choisi un texte jamais représenté en France ('Peggy Pickit voit la face de Dieu') ?



Vincent Collet : Porter à la scène pour la première fois un texte contemporain procure un certain frisson. Mais ce n'est pas ce qui a motivé ce choix. Je travaillais déjà sur une pièce de Roland Schimmelpfennig, qui sera créée la saison prochaine, et je souhaitais m'atteler à un projet plus léger techniquement. La découverte de cette pièce, révélatrice de l'écriture de l'auteur, à savoir le mélange entre dialogue et récit, multiplication des adresses pour l'acteur sont pleinement présents dans ce texte. Et le thème de « Peggy Pickit » a été pour moi une véritable révélation : donner à voir ce que nous ressentons des atrocités, des guerres hors de notre continent dont on entend l'écho, mais cela depuis l'Occident pour mieux parler du sentiment d'impuissance qui en découle.



Comment avez-vous construit la mise en scène ?



L'écriture de Roland Schimmelpfennig joue énormément avec la forme dramaturgique qu'il réinvente pour la faire plus percutante. La situation principale, une soirée de retrouvailles entre quatre amis, est constamment interrompue par les apartés des quatre personnages qui nous livrent une vision plus dense de ce qui s'est passé lors de cette soirée. Il a donc fallu expérimenter sur le plateau comment ces deux chronologies pouvaient se mêler en 90 tableaux sans jamais perdre le fil. Je savais par contre dès le début que je souhaitais accentuer l'effet de réel du décor, tout en épurant le plateau au maximum.


'Modeste proposition pour empêcher les enfants des pauvres d'être à la charge de leurs parents et de leur pays' par Enora Boëlle

Time Out Paris : Le texte de Jonathan Swift n'était pas originellement destiné à la scène. Comment avez-vous géré le format pamphet ?


Enora Boëlle : Il a fallu dans un premier temps faire un travail d'adaptation du style d'écriture. Le texte date de 1729, or nous voulions dans la mesure du possible qu'il fasse écho à notre monde contemporain. Puis il y a la forme monologuée qui a tous les principes d'une conférence. Dans la mise en scène, le comédien, seul en scène, expose son propos à l'aide d'un powerpoint qui appuie son argumentation absurde. Il faut savoir garder l'auditoire attentif sans le noyer dans un flot de texte, varier les rythmes et faire du texte une partition presque musicale. D'où mon choix de travailler avec Vincent Voisin. Il porte la folie du personnage à la perfection.


Et le Joli Collectif ?

Time Out Paris : Comment se passe la vie du Joli Collectif ? 


Vincent Collet : De façon très intense ! Notre projet a été profondément transformé depuis que nous sommes à la direction d'un théâtre (le Théâtre de Poche de Hédé). C'est une aventure passionnante, véritablement collective. On apprend à gérer une saison, un festival estival (BONUS) et de nouvelles créations, et ceci avec des rythmes très différents pour chacun de ses projets. J'ai quitté Paris peu de temps après mon master « Mise en scène et dramaturgie » à Nanterre ; depuis 'Supermarché' de Biljana Srbljanovic à la MC93 de Bobigny c'est la première fois que je montre de nouveau un projet ici, et j'en suis très heureux !



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