Le meilleur de 2012

En mémoire de l'année écoulée

Bars & clubs

Le Rouge

Rouge : un nom taillé pour ce club au cœur de Pigalle, coincé au milieu des néons aguicheurs du Sexodrome voisin et autres peep-shows qui se font concurrence sur le trottoir. Depuis son ouverture, la queue ne désemplit pas, malgré le prix d'entrée à 15 euros et le tarif des consos (13 euros le gin tonic ou la vodka pomme). Mais la clientèle du Rouge a les moyens : ici se presse une jeunesse parisienne dorée et branchée tous les week-ends, pour y danser, draguer, être vu, et quelquefois y voir des shows d'exception comme les after-shows de Metronomy et Gossip ou le live de Zombie Zombie en 2012. La programmation, orientée deep house et techno minimale, est consultable sur leur site (ici, il faut liker la page pour y accéder) ou sur leur page Facebook ici. Pour la petite histoire, ce club est resté fermé pendant dix-neuf ans, tenu dans le secret des initiés qui l'ont connu avant sa fermeture en 1994. La propriétaire du Folie's Pigalle (devenu le Pigallion), une petite dame qui habite juste au-dessus, voulait garder sa tranquillité le week-end jusqu'à ce qu'elle change d'avis l'année dernière. Hormis quelques aménagements minimes (un coup de peinture, l'ajout de canapés et d'un sound system puissant, de spots rouges), ce cabaret canaille des Années folles, le Pigall's, a miraculeusement conservé son décor d'origine depuis les années 1930, tout de velours rouges, miroirs, boiseries, et dorures rococo. Fréquenté par les bandits durant soixante ans, il a retrouvé sa vocation de lie

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Pigalle

Le Glass

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Ouvert par l’équipe de la Candelaria dans le désormais branché So-Pi (« South Pigalle »), le Glass est le nouveau bar à découvrir dans le quartier rouge. Le lieu propose des concepts un peu fous venus des U.S. : des bières spéciales et des cocktails à la pression, d’autres mixtures à base d’alcools d’Amérique du Sud comme le Pisco ou le Mezcal, des « boilermakers » (un shot suivi d’une bière), et un large choix de bières bouteilles importées, le tout accompagné de hot-dogs et de délicieux pickles. En bon caméléon, le Glass a gardé le charme clandestin de l’ancien « bar américain » qui occupait les lieux - comprenez bar à hôtesses – du moins sa discrète façade, sa porte insonorisée et ses carreaux opaques. A l’intérieur, pas de banquette porno-chic velours et capitons, mais une déco sobre en partie d’origine : miroirs brisés, boule à facette, lumière tamisée… et ça sent le sapin – celui qui constitue les banquettes posées il y a peu. Ici, on a plus l’impression de débarquer dans un club que dans un bar, et l’endroit, assez exigu, se remplit vite au fil de la soirée. La clientèle est forcément belle et branchée ; on s’y attendait un peu dans ce nouveau repère de hipsters encore confidentiel. Les cocktails et le bières ne sont pas donnés mais l'originalité et la qualité se payent. On vous recommande le Tattoo You (mezcal, gingembre, pamplemousse, citron vert et bière fumée), la bière Brewdog Trashy Blonde, parce qu’elle porte un nom réjouissant et qu’elle est bonne. Enfilez-vous

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Pigalle

Le Coq

Notre sélection

Dans ce quartier de Château d’Eau toujours plus branché, un nouveau bar à cocktails vient d’ouvrir, dans un style rétro-chic très étudié qui rappelle les 70's. Le Coq est né : cocorico ! Car la France est un pays de mixologie qui s’ignore : « Les alcools français désuets comme la liqueur d'ambrette ou la Chartreuse sont très appréciés par les bartenders à Berlin, Londres et New York. Nous proposons des créations de breuvages "twistés", revisités avec des ingrédients disparus des zincs français, dans un esprit glamour des 70's à Paris », explique Tony Conigliaro, l'un des trois patrons du lieu avec Thierry Daniel et Eric Fossard. Cet alchimiste du cocktail n'en est pas à son coup d'essai : il a récemment ouvert deux bars à Londres, le 69 Colebrooke Row et le Zetter Townhouse. Ainsi on peut goûter le Lisptick Rose, un cocktail très féminin, à base de vodka à la rose, sirop de framboise et de violette et de Peychaud’s Bitters (un alcool créé en 1830 par un apothicaire créole de Saint-Domingue installé à la Nouvelle-Orléans). Autre voyage dans le temps, le 10e et sa liqueur d’ambrette remise au goût du jour pour donner une nouvelle saveur au kir royal, ou Les Fleurs du Mal imprégné d’absinthe, ou encore le Spitfire, un « twist » du Boston Sour, à base de cognac Merley, crème de pêche, citron, sucre de canne et vin blanc. Au total, douze mixtures ont été élaborées par ces spécialistes du cocktail. Pour les savourer, attendez-vous à mettre le prix : 11 euros le verre.Avec une carte

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Château d'Eau

Le Sherry Butt

Notre sélection

Encore un nouveau bar trendy à Paris ? Oui, mais le Sherry Butt a trouvé un bon compromis entre bar à cocktails guindé de Saint-Germain et bar à hipsters déchaînés de Bastille. Derrière une façade discrète d'une petite rue du Marais, on découvre deux belles salles en longueur, avec canapés en cuir capitonné, lustres design, grands miroirs et lumière tamisée qui rappellent les bars new-yorkais, à la fois classe et décontractés. A la carte, des mixtures de haute volée shakées par des mains expertes et une sélection de whiskies racés, collectés dans le monde entier. Il faut dire que les jeunes patrons, Amaury et Cathleen, sont des anciens du Prescription Cocktail Club et du Curio Parlor, lui-même pourvu d’un nikka bar. Ici, les divines liqueurs ne viennent pas seulement du Japon, mais aussi des Etats-Unis, d’Irlande et d’Ecosse. Bourbons, whiskies vieillis et millésimés, cuvées rares, les experts ont quelques bouteilles derrière le comptoir qui épateront les connaisseurs. Au total, 56 références sont proposées.La carte des cocktails est réduite à onze créations, mais les alcools de qualité sont mixés avec des ingrédients faits maison (comme le sirop de pignons de pin ou le sirop de champagne) ou mystérieux, comme la liqueur d’Umeshu (des prunes japonaises). Certains sont très frais, comme la "Belle en bulle" (pisco, de sirop de poire giroflée de citron et de champagne) ou le "Yuzu Yuzu" (gin, liqueurs d’agrumes japonaises), d’autres plus corsés comme la Frangipane (Rhum Cognac,

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Le Marais

Restaurants

L'Ilot

Voilà une jolie bicoque à bulots où l’on vient casser du tourteau, gober des fines de claire ou déshabiller des crevettes roses, sans pour autant se coincer les bras dans une addition aussi salée que du beurre à tartiner.Vous êtes bien à Paris, oui, oui. Mais à l’Ilot, pas besoin de passer par la case plateau (et les 70 euros, au bas mot, qui vont avec) pour déguster, tout frais pêchés, coquillages et crustacés. L’allure du lieu, grand comme un comptoir de poche, est simple, mais les grandes ardoises, les faïences et le parquet blancs, la baie vitrée, les quelques photos, la terrasse qui patiente pour les beaux jours et le chauffage qui tourne en attendant… Tout ça façonne un charme solide et douillet.Il faut grimper sur l’un des tabourets – ici, la mer se savoure en altitude – et choisir ses victuailles. On commande alors son verre de blanc (ou sa bouteille, allons-y carrément) et puis on pioche ici et là, au bonheur du petit format : 5 euros pour tartiner tarama, rillettes de thon ou de saumon, de 4,50 à 9,50 euros pour décortiquer (crevettes grises ou roses de Madagascar), 6,50 euros pour buloter et 8 euros pour s’attaquer au demi-tourteau (14, si vous vous sentez d’affronter les deux moitiés). A côté, les huîtres font les belles : marennes d’Oléron, dernières recrues d’Utah Beach ou plates de Belon (de 18 à 30 euros la douzaine) pendant que le poisson, lui, se la joue fumé ou mariné (harengs, anguilles, saumons, sardines – de 7 à 10,50 euros). Tout aussi parfait pour pren

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Temple

Pirouette

Perchée dans la poche d’une ruelle presque secrète, au beau milieu de la forêt des Halles, une grande salle, toute vêtue de bois et de bouteilles, parade derrière son immense verrière. La virevolte a du chien, jusqu’au bout des couverts. Le menu fait des bonds. Pirouette, salto piqué. Pour 36 euros, en entier. Œuf parfait (parfait), châtaignes et champignons en velouté. Alouette sans tête, clin d'oeil à la paupiette (pigeon et foie gras, bardés de lardo di Colonnata). Mulet, salsifis et jus de viande (mitonné au poil jusqu’à l’arrête). Pigeon royal, couché à côté de sa rôtie dans une sauce au foie gras (discrètement maté par une jolie blette aux petits légumes). Atterrissage couronné. Charmante tarte à la mangue, doublée en plein vol par un Ossau Iraty préparé façon cheesecake et accompagné de confiture de cerise noire. Chapeau aux voltigeurs, à ceux qui arrosent (magnifique carte des vins) et à ceux qui mitonnent (Tommy Gousset, entre autres, formé au cirque des plus grandes cuisines).Et mesdames, messieurs, gourmets de la pause-déjeuner, notez que le spectacle se joue aussi tous les midis (à 15 euros la formule).

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Les Halles

L'Epicerie Musicale

De la Botte dans l’assiette, et de la musique dans l’air. Idéalement installée au bord d’un canal Saint-Martin qui prend doucement les couleurs de l’automne, l’Epicerie Musicale détonne. C’est un rayon de soleil méditerranéen qui vient réconforter l’arrière-saison, un endroit hybride comme on les aime (et comme on aimerait en voir pousser partout dans Paris). Rétro dans le choix du mobilier, avec des allures de vieille cantine sicilienne. Et ce qu'il faut de fraîcheur : des tableaux street art vissés aux murs et des centaines de disques vinyles déposés au milieu d'un beau choix de charcuterie et de fromages frais, directement importés d’Italie.A l'heure du déjeuner, ça envoie du carpaccio de bœuf au beurre fondu, accompagné de sauge et de carmine (12 euros), de très belles assiettes mixtes – prosciutto, speck, pancetta, gorgonzola, asiago, etc. –, des salades bien garnies (de 12 à 15 euros) et des paninis, à la soppressa filetée, aux champignons et au pecorino, par exemple (8 euros). Alors on s’assoit et on attend langoureusement, en se laissant bercer par la très bonne bande-son du lieu (jazz, soul et funk, tropical, rétro-latino). Et puis les plats arrivent, servis par la main chaleureuse des hôtes, dont les accents calabrais régalent autant que la cuisine. C'est savoureux, frais, et suffisamment copieux pour ravir tous les appétits. Accompagné d’un honnête verre de rouge du Haut-Adige à 3,50 euros, c’est presque parfait.Après un dernier café ristretto, on part finalement,

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Canal Saint-Martin

Soul Kitchen

Un coffee-shop tout doux, pour boire un excellent café, manger une pâtisserie ou déguster un bon petit plat maison.C’est une petite cantine accrochée aux escaliers de la butte, une buvette couleur café, habitée par trois drôles de dames, inspirées, coquettes et gourmandes. Le genre d’endroit que l’on aimerait avoir en bas de chez soi. Pour venir boire un latte crémeux le matin avec les petits vieux du quartier, et lire les premières nouvelles de la journée par-dessus leurs épaules fatiguées. Pour manger le midi en douce compagnie, se régaler des délicieuses recettes maison, réinventées chaque jour, fricotées avec des produits bio ou locaux. Pour passer l’après-midi au chaud, entre un ordinateur et une belle pâtisserie, ou simplement pour boire un petit noir de classe Marzocco avant de filer ailleurs. Il y a une cage à oiseaux qui laisse s’échapper des dizaines de papillons en papier, une vieille machine à écrire, une grande baie vitrée, des cagettes pleines de victuailles, des jolis meubles patinés et une large ardoise qui promet bien des plaisirs. Ce midi-là, quelques croûtons se baignaient joyeusement dans un réconfortant velouté de potimarron, saupoudré d’oignons frits et accompagné d’une tartine de rillettes d’oie. En face, une pichade « comme chez mimi » (une épaisse pissaladière à la tomate, généreusement arrosée de pistou) se laissait déguster avec joie. Puis deux bols remplis d’une belle salade de pâtes et de couleurs faisaient leur entrée, avant de laisser la place a

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Mairie du 18e

Ma Kitchen

Derrière le comptoir de cette toute petite cantine franco-coréenne, une farandole de couleurs, de plats et de saveurs. Egalement trois jeunes filles qui attrapent des boîtes en carton pour les remplir avec minutie et sérénité malgré la file qui semble ne jamais diminuer. De l'autre côté, tout le quartier qui patiente en rang d'oignon à l'heure du déjeuner pour mettre la main sur le fameux butin. Au menu, un brin monomaniaque : des bibimbap. Ce mets coréen – qui mélange traditionnellement différents riz et légumes, de la viande et un œuf – a été légèrement réinventé. Plus d'œuf mais cinq plats au choix, différents chaque midi de la semaine (saumon au basilic, poulet à la pâte de piment, au miel et aux cacahuètes, porc rôti à la coréenne, poulet fris, crevettes sautés au gingembre, etc. – tout est délicieux). Six légumes, ultra-frais et bien préparés, accordés au jour et à la saison, un mélange de trois riz, et pour saupoudrer le tout, quelques oignons frits et une sauce (soja-menthe, soja-sésame ou piment-miel). Le résultat est addictif. Pour 9,50 euros et après avoir attendu quelques instants (le service est remarquablement efficace), on emporte sa jolie boîte au bureau ou l'on s'assoit sur l'une des quelques tables pour déguster, d'abord en picorant ici et là, puis en mélangeant le tout. Ainsi, après être tombée sous le charme du lieu et du concept, on succombe à la cuisine, précise et enthousiaste, fraîche et gourmande. En plus les portions sont généreuses, plus besoin donc

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Gare du Nord/ Gare de l'Est

Cantine California

Paris s’est piqué d’une nouvelle lubie. Il aura suffi qu’une Californienne prenne les commandes d’un Camion fumant, et voilà qu’une autre cantine volante arpente désormais les rues de la capitale hexagonale. L’Amérique sur quatre roues, version fine bouche. Et quand on voit la file indienne qui patiente sagement devant le food truck organic de Jordan Feilders, on se dit que la tendance a décidément le vent en poupe. Faut-il être fou pour attendre 40 minutes, debout, à l’heure pressée du déjeuner, prêt à tout pour déguster un burger à 11 euros ? Oui, un peu. Mais le street, c’est tellement chic. Au menu : burgers et tacos, avec en bonus le burger à la mode tex-mex. Aux fourneaux : Sanna, une Finlandaise, épaulée par des sous-chefs américains et mexicains. Une belle équipe aux références solides et cosmopolites pour un résultat au poil, malgré quelques petits détails qui piquent : l’attente, les frites un peu molles ce jour-là ou les ruptures de stock (et notamment ces derniers cupcakes qui nous ont tristement filé sous le nez). Mais rien de grave, il faut dire que nous nous étions pointés, la mine en fleur, au beau milieu du rush de 13h30. De très légères contrariétés, donc, relevées par un service des plus agréables et qui n’empêchent pas les tacos d’être bien garnis – avec de vrais black beans s’il-vous-plaît – ou les burgers d’être copieux et savoureux. On repart repu et satisfait, du ketchup plein les doigts et convaincu que si la Cantine California est encore pour le mome

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Paris

Le Terroir Parisien

L’idée de Yannick Alleno est simple : cuisiner des recettes parisiennes historiques, avec des produits locaux. Simple, mais vraiment réussie. On n’aurait pas forcément misé grand-chose sur cette énième annexe d’un grand chef (ici, Yannick Alleno, triple étoilé au Meurice) et sur son concept de terroir parisien. Grossière erreur.Dans ce bistrot moderne dessiné par Jean-Michel Wilmotte se niche une des meilleures idées de ces derniers mois. Elle est simple : cuisiner les recettes historiques du répertoire parisien (poireaux vinaigrette, potage Crécy, croque-monsieur, œufs à la tripe, gratinée des Halles, merlan de Bercy…) avec des produits provenant tous de petits producteurs franciliens. Une idée simple mais qui a demandé un énorme travail de sélection, parfois même de réhabilitation de cultures en voie de disparition. La carte, les ardoises immenses plaquées aux murs résonnent alors comme les paroles du petit jardin « qui sentait bon le métropolitain » de Jacques Dutronc : asperges d’Argenteuil, menthe poivrée de Milly-la-Forêt, pêches de Montreuil, haricots d’Arpajon.Cette exigence se retrouve dans l’assiette avec des plats solidement bâtis où le canaille des faubourgs côtoie le chic des beaux quartiers, où le fromage de tête de Gilles Vérot le dispute aux carottes fondantes au safran du Gatinais. Sans oublier cette petite friandise moins parisienne mais diablement réussie du cornet de pommes allumettes, croustillantes et fondantes en diable (4 €).Un dernier petit conseil si

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La Sorbonne

Abri

On vient aussi dans cette cantine de poche, installée à côté du métro Poissonnière, pour goûter à ses sandwichs polystrates (multicouches, pluri-étages, mille-feuillesques, superposés, bref vous avez compris l’idée), composés par Katsuaki Okiyama. Du pain grillé, une mystérieuse sauce, une omelette aux légumes, du porc pané croustillant (tonkatsu), une compotée de chou sucrée-salée et du fromage fondant. Un régal, servi le lundi et le samedi, de 10h à 17h.Le reste de la semaine, on se réfugie à l’Abri pour apprécier les autres talents du jeune chef japonais, dont le CV (Robuchon, Taillevent, Agapé, etc.) a déjà de quoi faire pâlir les plus grands. Dans un décor brut et dépouillé, il délivre une cuisine française rehaussée par quelques touches nipponnes, que l’on retrouve ici et là, au détour d’un assaisonnement par exemple - comme avec le maquereau mariné à la japonaise, accompagné de légumes coupés menus, presque transparents -, à travers une présentation graphique et impeccable - à l’image de ce lieu jaune simplement vêtu d’une émulsion coco-citronnelle, relevé par des accords précis et aiguisés -, ou encore dans un assemblage déroutant - comme avec ce velouté de potimarron accompagné de pépins de courge au café.On tombe vite sous le charme de ces menus dégustation (quatre plats pour 22 euros le midi, six au dîner pour 38,50 euros). Même les desserts sont réussis. Côté salle, les vingt couverts sont vite pris d’assaut (réservation impérative et patience de mise). Le service

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Château d'Eau

Art

Ropac et Gagosian : deux nouvelles galeries en Seine-Saint-Denis

Deux nouvelles galeries en Seine-Saint-Denis / Deux expos d'Anselm Kiefer Le Seine-Saint-Denis style s'est offert une nouvelle garde-robe cet automne. Aux survêts Sergio Tacchini tombés du camion sont venus s'ajouter quelques costards Armani taillés sur mesure : uniformes d'une armée de collectionneurs, marchands et spécialistes de l'art contemporain qui ont traversé le périph' pour célébrer l'inauguration de deux nouvelles galeries, aux ambitions de musées pour œuvres monumentales. D'un côté, l'annexe de la galerie Thaddaeus Ropac (déjà présente dans le Marais), qui a ouvert ses portes à Pantin le 12 octobre 2012, dans une ancienne usine réaménagée. De l'autre, le nouvel espace de la Gagosian Gallery (déjà présente dans le 8e arrondissement), qui, le 18 octobre, a coupé le ruban d'un bâtiment industriel relooké par Jean Nouvel, en pleine zone aéroportuaire du Bourget. Les deux premiers grands exodes du marché de l'art vers le « neuf-trois » se sont donc déroulés à une semaine d'intervalle à peine. Drôle de coïncidence. Et comme si cela ne sentait pas suffisamment la rivalité acharnée, Thaddaeus Ropac et Larry Gagosian (qui prétendent à une simultanéité involontaire de leurs agendas) ont tous deux invité le peintre Anselm Kiefer à créer des séries inédites pour leur exposition inaugurale. Voilà qui était beaucoup trop gros pour que l'on résiste à l'envie perfide d'arbitrer un petit bras de fer (voir nos critiques ci-dessous). Verdict : entre le parcours lumineux et intimiste

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Refonte du Palais de Tokyo avec la 'Triennale'

Finis les travaux. Le Palais a fêté sa réouverture officielle le 20 avril. Petite visite des lieux. Après dix longs mois de travaux, le Palais de Tokyo a rouvert ses portes au mois d'avril 2012, entièrement remodelé façon labyrinthe (très) brut par les architectes Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal. La refonte du « PDT » (à ne pas confondre avec « pomme de terre »), c'est 14 000 m2 supplémentaires de surface d'exposition, qui s'étalent jusqu'à la Seine. Une structure désormais monstrueuse, dotée d'un sous-sol tout en ciment apparent, qui a officiellement ouvert au public à l'occasion de La Triennale (ex-Force de l'art, tenue du 20 avril au 26 août). De quoi repartir sur de nouvelles bases, et ranimer une institution décrédibilisée par dix ans de programmation mitigée ? Peut-être. L'immense (trop ?) festival d'art contemporain posait tout du moins un regard décalé sur la création des XXe et XXIe siècles, en proposant une lecture originale, dynamique et presque anthropologique, héritée de la pensée de Claude Lévi-Strauss. Une belle première note pour ce temple de l'art contemporain relooké, spectaculaire d'un point de vue architectonique. A découvrir aussi Le lieu • Palais de Tokyo, site d'art contemporain Dossier • Les temples de l'art contemporain

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Débarquement des arts de l'Islam au Louvre

Le nouveau département des arts de l'Islam a ouvert ses portes le 22 septembre 2012 Vingt-trois ans après l'inauguration de la pyramide de Ieoh Ming Pei, un nouveau vent d'architecture contemporaine souffle sur le Louvre. Coiffé d'un toit gondolé et de lignes épurées, le pavillon dessiné par les architectes Mario Bellini et Rudy Ricciotti, inauguré le 22 septembre 2012, est dédié aux arts de l'Islam au sens historique et culturel (et non spécifiquement religieux) du terme. Couvrant une période très vaste, du VIIe au XIXe siècle, le parcours révèle quelque 3000 pièces, trésors d'une civilisation complexe et raffinée dont l'histoire se dessine de part et d'autre des territoires arabo-andalou, mamelouk, ottoman et perse. "Il s'agit de présenter la face lumineuse de cette civilisation qui engloba en son sein une humanité infiniment variée et riche", explique Henri Loyrette, président-directeur du musée, dans la préface du catalogue. Un hommage lumineux, qui vise à éclairer une histoire encore trop absente des musées français.

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Docks en Seine : Petite chenille deviendra grande

La chenille vert pomme qui roupille depuis 2005 le long de la Seine entre la gare d'Austerlitz et la BnF a enfin ouvert ses portes au public en 2012. Installés dans les anciennes friches industrielles des Magasins généraux, réaménagées par les architectes Dominique Jakob et Brendan MacFarlane, les très futuristes Docks en Seine auront tardé à s’éveiller et se transformer en lieu de divertissement et de culture. Mais c’est désormais chose faite. Terrasse-pelouse les pieds dans l’eau, restaurant flambant neuf sur les toits (le Moon Roof), bar/night-club au rez-de-chaussée (le Wanderlust, ouvert en juin 2012 par l’équipe du Silencio), projections à ciel ouvert, expositions à la Cité de la Mode et du Design, et on en passe : derrière leur imposante façade de vitre et de métal, les Docks commencent enfin à grouiller de vie.

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13e arrondissement

Musique

Interview d'Eugene McGuinness

Ne cherchez plus, on a trouvé la nouvelle star Tout d'abord félicitations, l'album 'The Invitation To The Voyage' est excellent. Vous avez clairement franchi un palier depuis le précédent, comment expliquez-vous ça ? Si on voulait tomber dans le cliché, on parlerait de maturité...  Il y a un fossé entre les deux albums, presque trois ans ! Je ne sais pas si je suis plus mature... j'ai vieilli, tout simplement. Vous savez, je suis ambitieux avec cet album. Beaucoup de choses se sont passées ces trois dernières années, donc oui, je suis devenu quelqu'un de différent. Mais ça s'est fait de façon naturelle, comme pour n'importe quelle personne qui passe de 20 à 25 ans. Vous pouvez être ambitieux avec ce disque : il contient beaucoup de tubes potentiels. "Lion", par exemple, est un superbe morceau pour danser. Oui, je voulais que ce soit un disque pour danser, j'aime cette énergie communicative. Si vous êtes dans une voiture ou dans un club et que vous entendez Bowie ou les Kinks, tout le monde se met à chanter comme un crétin. Je voulais recréer cette espèce d'adrénaline, avec laquelle j'ai grandi. Ce qui compte pour moi, c'est que les gens s'amusent sans se prendre la tête. C'est pour ça que le disque est rapide, simple, énergique. D'un autre côté, il part dans beaucoup de directions, donc il n'est peut-être pas aussi simple qu'il y paraît. Mais je voulais qu'il procure la même sensation que la musique que j'écoute. Vous écoutez quoi depuis deux ans ? David Bowie, Iggy Pop... C

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Interview de School Is Cool

Flamands rock De passage à Paris pour une journée promo, la nouvelle sensation de l'indie pop School Is Cool nous accorde un entretien pour parler de leur pays la Belgique, du format pop, des Pixies, d'Arcade Fire, de percussions japonaises, de concerts et de transpiration. Les meilleurs concerts d'octobre Death In Vegas Live in Paris Derrière l'entité Death in Vegas se cache Richard Fearless, un artiste d'exception qui depuis près de vingt ans rassemble fans de rock et amateurs d'électro, autour d'une musique ouverte à de multiples influences. Après sept ans d'absence, il nous revient avec un cinquième album plus que réussi, 'Trans-Love Energies', entre mélodies vaporeuses, textures synthétiques colorées et énergie punk. Pour les nombreux fans transis n'ayant pas pu les voir au Bataclan en novembre 2011, séance de rattrapage avec cette date à l'Olympia en octobre. Et pensez à réserver tôt, il n'y en aura pas pour tout le monde. Soulfly Sepultura bis En 1984, les frères Max et Igor Cavalera lançaient la grande saga du metal brésilien en créant le groupe culte Sepultura. Avec Viper et Overdose, deux autres groupes de thrash de l’époque, les Sepultura feront du Brésil un haut lieu de ce genre, sauf qu’ils atteindront une notoriété inédite et s’exporteront dans le monde entier. En 1997, après la sortie de Roots, vendu à 900 000 exemplaires, le chanteur Max Cavalera quitte le groupe suite à un conflit avec son frère. Il fonde alors Soulfly, qui va éclipser Sepultura rapidemen

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Nos meilleurs disques de 2012

Le choix d'Emmanuel Chirache (critique musique) Agent Side Grinder • 'Hardware' On savait les Suédois doués pour le rock, on ne les connaissait pas aussi bons dans le post-punk électronique. Alt-J • 'An Awesome Wave' Il est n’est pas très difficile de convaincre un ami que 'An Awesome Wave' est un grand disque. Il suffit simplement de lui faire écouter. School Is Cool • 'Entropology' Sa proximité avec la langue et la culture anglo-saxonnes ont depuis longtemps rendu la Belgique plus sensible au rock’n’roll que la France. Last Barons • 'Cheval de Troie' Originaires de Coutances dans la Manche, quasi inconnus au bataillon, les Last Barons viennent tout simplement de sortir l’un des meilleurs albums de l’année. The Inspector Cluzo • 'The Two Mousquetaires' Trop occupés à chasser du petit groupe indie électro-pop-rock à mèches, les médias parisiens ratent souvent ce qui se fait de mieux en France. Eugene McGuinness • 'The Invitation To The Voyage' Pendant des années, le jeune Eugene McGuinness n’était qu’une sage chrysalide, qui avait encore tout à apprendre de la vie. King Tuff • 'King Tuff' Il faut remercier Sub Pop (il faut toujours remercier Sub Pop) d’avoir déniché Kyle Thomas et son groupe King Tuff. JEFF The Brotherhood • 'Hypnotic Nights' Incroyable mais vrai, deux frangins du Tennessee ressuscitent le grunge des années 1990 avec une pincée de psychédélisme seventies. A Place To Bury Strangers • 'Worship' Ils ont beau venir de Brooklyn, les A Place To Bury Strangers n’on

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Cinéma

The Color Wheel

Depuis la claque ‘Bellflower’, on attendait avec impatience le prochain film indé américain dont la subversion nous clouerait au siège. D’une violence nettement moins radicale mais tout aussi perverse, ‘The Color Wheel’ prend la relève, à la fois produit, écrit, dirigé, monté et incarné par le même homme – Alex Ross Perry –, descendant direct d’un Evan Glodell ou d’un Vincent Gallo. En ces temps technico-esthétiques où l’effort porté à la photographie définit de plus en plus la qualité d’un film, ‘The Color Wheel’ dérange d’abord par l’image, filmée en Kodak 16mm, d’un noir et blanc vieux et crasseux. A ce grain vintage s’ajoutent un graphisme sixties et des paysages anachroniques, entre forêt « shiningesque », diners sordides et banlieues génériques du Nord-Est américain. Car ‘The Color Wheel’ est avant tout un road-movie dont l’histoire, à première vue, tient sur un post-it : JR, jolie et excentrique jeune fille, demande à son frère Colin de l’accompagner récupérer ses affaires chez son ancien amant (et, accessoirement, ancien prof de fac). Seul problème : JR et Colin se détestent. Dans ce deuxième long métrage porté par des dialogues fulgurants arrosés de sarcasmes jouissifs, Alex Ross Perry tord et détourne les codes de la comédie romantique américaine, genre dont il raffole. Si le film dure moins d’une heure et demie, il est pourtant extrêmement dense, rythmé par des personnages délicieusement sournois, entre nos héros-losers pathétiques, leurs exécrables anciens camarad

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Faust

A l'époque de son impressionnant 'Mère et fils' (en 1997 – ce qui ne nous rajeunit guère), émouvante pietà inversée où un type mutique accompagnait l'agonie de sa mère dans une maison isolée, Alexandr Sokourov faisait déjà bien parler de lui pour son traitement audacieux de la couleur, peignant alors à même la pellicule ses teintes contemplatives et oniriques. On avait d’ailleurs rarement vu des nuages aussi hypnotiques. Seulement, tout cela se passait au siècle dernier et en quinze ans, le numérique a rendu nettement plus aisé – et artificiel, souvent – ce type de traitement pictural de l'image. Ainsi, pour ce 'Faust', qui vient conclure une tétralogie sur le Mal croisant Hitler (‘Moloch’, 1999), Lénine (‘Taurus’, 2001) et l’empereur Hirohito (‘Le Soleil’, 2005), le réalisateur russe en est venu à travailler avec Bruno Delbonnel, chef-opérateur virtuose de ‘Harry Potter', 'Amélie Poulain' ou 'Dark shadows'. Et le résultat est tout simplement stupéfiant. Car si le numérique permet à Sokourov de distordre ses images, de les enrober d'un halo fantasmatique, de jouer sur leur flou ou leur piqué, les effets spéciaux n’ont jamais la moindre gratuité, contribuant à l’affirmation d’une esthétique solide, certes omniprésente mais jamais vulgaire ou tape-à-l’œil. Bouleversant l’ordre et les personnages du récit de Gœthe, ce ‘Faust’ est donc avant tout une œuvre sensuelle, jouant sur les textures visuelles, les matières sonores (en particulier le grain des voix-off), et invitant le spe

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Oslo, 31 août

« Tout junkie ressemble à un soleil couchant » chantait Neil Young, et ce film norvégien, profondément empathique, est un âpre et très beau portrait crépusculaire. Inspiré du roman 'Le Feu follet' de Drieu La Rochelle (déjà adapté au cinéma par Louis Malle en 1963), le film suit Anders (Anders Danielsen), trentenaire fraîchement sorti de désintox, arrivant à Oslo pour un entretien d'embauche et renouer avec d'anciens amis. C'est filmé avec sensibilité et délicatesse, et les dialogues entre Anders et ceux qu'il rencontre sont précis et forts. Ainsi, retrouver 'Le Feu follet' dans un cadre contemporain se révèle surprenant et fin. Une relecture réussie.

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En salles

Into the Abyss

D’abord, quelques mots sur Werner Herzog : 70 ans, réalisateur d’un beau doublé de classiques de la seconde moitié du XXè siècle (‘Aguirre, la colère de Dieu’ et ‘Fitzcarraldo’, avec l’impérial et incontrôlable Klaus Kinski) ainsi que de quelques films-cultes comme l’irrésistible ‘Les Nains aussi ont commencé petits’ (1970), ‘Leçons de ténèbres’ (1992) ou un remake du ‘Nosferatu’ de Murnau, réalisé en 1979, sur une B.O hallucinée du groupe kraut-synth Popol Vuh. Seulement, comme si cela ne suffisait pas, Herzog a également tracé, depuis ses débuts, un impressionnant sillon de documentariste, dont on retiendra au moins le fascinant ‘Grizzly man’ (sorti en 2005), aux côtés duquel il convient désormais de placer ce nouveau long métrage, ‘Into the abyss’ : plongée magistrale et acide en plein cœur de l’Amérique red-neck, menée par la religion, les armes à feu, l’illettrisme et la peine capitale. Octobre 2001, dans la petite ville de Conroe, au Texas, deux adolescents, Jason Burkett et Michael Perry, assassinent un de leurs camarades, la mère de celui-ci et un de ses amis. A tout juste 19 ans, Burkett écopera, pour ce triple homicide, d’une peine de prison à perpétuité. Perry d’une condamnation à mort. En 2010, Herzog part, avec sa caméra, à la rencontre des protagonistes du drame : les meurtriers, bien sûr (pour un entretien stupéfiant avec Perry, notamment, huit jours avant son exécution), mais aussi les familles des victimes, leurs proches, les flics ayant mené l’enquête, le bo

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Killer Joe

Après nous avoir traumatisés en 1973 avec ‘L’Exorciste’, William Friedkin s’était depuis considérablement ramolli. ‘Killer Joe’, plongée aussi brutale que désopilante dans l’univers white trash américain, prouve que le réalisateur, quasi-octogénaire, sait encore choquer. Pour la deuxième fois, Friedkin adapte avec brio une pièce du dramaturge Tracy Letts, leur collaboration précédente, l’excellent ‘Bug’ (2006), ayant d'ailleurs ouvert à Michael Shannon une carrière prolifique de psychopathe à l’écran. Tout aussi dérangeant, ‘Killer Joe’ adopte ici le schéma classique du film noir : Chris, petit dealer terreux incarné par Emile Hirsch, doit beaucoup d’argent à la mafia locale, sous peine de finir six pieds sous terre. Naturellement, le jeune homme convainc alors son père de tuer sa mère, celle-ci détenant une assurance-vie de 50 000 dollars. En cas de décès, c’est l’innocente et influençable cadette, Dottie, qui empochera l’argent. Seulement, comme Chris et sa famille de rednecks sont visiblement trop stupides pour se charger du meurtre eux-mêmes, ils décident de faire appel à un spécialiste : Joe, chaussures de cowboy et regard meurtrier, un flic qui se fait un peu d’argent de poche en tant que tueur à gages. Mais pour s’assurer d’être payé une fois le crime commis, Joe, en bon professionnel, décide de garder la jeune et jolie Dottie comme acompte. Auparavant abonné aux navets et aux comédies romantiques, Matthew McConaughey livre ici la meilleure performance de sa carrière e

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Amour

‘Amour’ est un film poignant, dévastateur et juste : huis clos sur un couple d’octogénaires, Georges et Anne (superbement interprétés par Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva), face à la mort et au déclin physique. Mais enfin, c’est surtout un film sur l’amour (bien vu), dans ce qu’il a de moins niais, de plus viscéral ; la question étant, au fond : peut-il tenir à hauteur de la mort ? Or, Haneke répond par l’affirmative. Et disons-le tout de suite, ça dessèche la gorge, d’autant plus qu’il n’y a pas une once de pathos. La profonde simplicité de son motif, alliée à la réalisation au couteau du grand Autrichien – à coups de plans fixes précis, avec un beau sens des volumes, et d’une utilisation virtuose du hors-champ – fait de ce film un choc autant esthétique qu’émotif. Hors du couple, à peine quelques intervenants : leur fille (Isabelle Huppert, parfaite comme à son habitude), un ancien élève (le pianiste Alexandre Tharaud dans son propre rôle), ou le couple de gardiens de l’immeuble parisien où logent Anne et Georges. Avec, au centre, leur corps-à-corps avec la mort. On n’en dira davantage, afin d’éviter de gâcher quoi que ce soit de ce film au scénario minimal, mais précisons que ce qui fait de cet ’Amour’ une œuvre incomparable, c’est qu’une nouvelle fois (après ‘Le Ruban blanc’ en 2009), Haneke laisse derrière lui la violence de ‘Funny Games’ ou de ‘La Pianiste’ pour s’attacher à une élégie de la douleur sobre, sincère. ‘Amour’ a beau ne fermer les yeux sur rien, il

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Tabou

Disons-le d’emblée : pour les amoureux du cinéma, ‘Tabou’ restera sans conteste, avec ‘Holy Motors’, l’un des plus beaux et puissants films de 2012. Avec son troisième long métrage, le réalisateur portugais Miguel Gomes parvient à brasser une multitude d’influences cinématographiques, qu’il restitue à travers une forme originale, et dans un prolongement extrêmement cohérent de ses précédentes œuvres. Ainsi, de ‘La gueule que tu mérites’ (2004), il reprend le principe d’une narration en miroir, la divisant en deux parties, en son milieu. Et, comme pour le déjà excellent ‘Ce cher mois d’août’ (2008), la construction du récit fut ici à nouveau largement improvisée lors du tournage. Référence explicite à Murnau – et à son film homonyme de 1931, en collaboration avec Robert Flaherty (‘Nanouk l’Esquimau’) –, le ‘Tabou’ de Gomes commence dans le Lisbonne contemporain, où l’on suit Pilar, une cinéphile entre deux âges, intriguée par sa voisine, la digne et très vieille Aurora (là encore, une référence à Murnau sans doute – ‘L’Aurore’). A la fin de cette première partie du film, déshéritée et contemplative, Aurora meurt ; et alors, le récit bascule dans le passé, où le spectateur la retrouve jeune et provocante, âgée d’une vingtaine d’années, en Afrique coloniale. Superbement filmée, cette seconde partie est tournée sans dialogue, mais avec de remarquables illustrations sonores, musicales, et une voix-off au ton nostalgique et poétique. Surtout, ces deux parties se répondent comme le

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Holy Motors

Treize ans après ‘Pola X’ (et plus de vingt après ‘Les Amants du Pont-Neuf’), Leos Carax nous revient avec un nouveau long métrage, plus godardien que jamais : ‘Holy Motors’, trip surréel et baroque, souvent jubilatoire, où son acteur-fétiche, l’étrange et poétique Denis Lavant, interprète un certain Monsieur Oscar. Oscar, comme son nom le laisse entendre, est une métaphore vivante du cinéma, dont le film suit un jour et une nuit au gré de ses métamorphoses. Une dizaine de rôles à tenir, pour lesquels le fantastique Lavant/Oscar se grime à l’arrière d’une limousine. Et l’occasion pour Carax de jouer avec les genres et de multiplier les clins d’œil à Franju, Jean Seberg (à travers une Kylie Minogue étonnamment réjouissante, chantant une superbe chanson originale de Carax et Neil Hannon dans les décombres de la Samaritaine), voire à ‘Tron’, ainsi qu’à ses propres films – Lavant reprenant notamment le personnage de Merde, qu’il incarnait déjà dans le segment réalisé par Carax du film ‘Tokyo !’ en 2008. C’est virtuose, parfois hilarant, toujours ingénieux, et un formidable chant d’amour blessé pour le cinéma. Mais c’est aussi un film spectaculaire et d’une légèreté crado et réjouissante, où les noms sur des pierres tombales se trouvent remplacés par des adresses web (et la mention « visitez mon site »), et où l’on peut flinguer sans autre forme de procès un banquier à la terrasse du Fouquet’s. Sarcastique et violent, cultivé et déviant, ‘Holy Motors’ est un vrai plaisir. Et sans

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