Les Terrasses

Cinéma, Drame
Recommandé
4 sur 5 étoiles
Les Terrasses

Time Out dit

4 sur 5 étoiles

Petites avancées de béton qui donnent soit sur la mer, soit sur des rues palpitantes d'activité et de misère, les terrasses d'Alger tiennent un discours muet sur l'histoire de la ville. Autrefois publiques, elles ont peu à peu été transformées en logements de fortune. En racontant Alger à partir de cinq terrasses situées dans des quartiers différents – la Casbah, Bab El Oued, Belcourt, Notre-Dame d'Afrique et Telemly –, Merzak Allouache réalise dans son dernier film une saisissante cartographie sélective et subjective de la violence algérienne.

Entre espace public et sphère privée, sans retenue mais suivie de larmes et de remords, l'agressivité qui se déploie dans 'Les Terrasses' est pleine de contradictions. Chaque terrasse a ses non-dits que Merzak Allouache prend garde de ne jamais éclaircir tout à fait. Ainsi l'homme qui torture son frère à mort, l'alcoolique qui loue quelques mètres carrés de toit à des démunis et le prédicateur qui garde enfermé dans une niche un membre de sa famille sont-ils en permanence suspects de cruauté gratuite.

À part une rapide mention humoristique de la visite de François Hollande dans l'unique artère de la ville repeinte pour l'occasion, le politique est absent des terrasses. Grâce à sa maîtrise des silences et son choix d'une structure éclatée, Merzak Allouache parvient à rendre pesante cette lacune. Au désœuvrement de jeunes musiciens sans lieu pour répéter, à la silhouette figée d'une jeune femme battue par son mari ou encore au désespoir d'une vieille femme réfugiée sur un coin de terrasse avec son fils drogué et sa fille mutique, on comprend que le malaise des 'Terrasses' vient avant tout d'une profonde crise de confiance dans les mouvements politiques.

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