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La nouvelle hype des cuisines africaines
Avec ses tomettes terracotta, ses tables en bois brut et ses grandes fenĂȘtres, Touki Bouki a tout dâun bistrot parisien branchĂ©. Sur les hauteurs de Belleville, l'adresse, ouverte lâannĂ©e derniĂšre, propose des rĂ©fĂ©rences de vins nature, une carte oĂč se bousculent des Ćufs mayo, de la joue de bĆuf, de la burrata⊠Mais aussi « le meilleur ndolĂš de la ville », lance Etienne Biloa, agent de chefs passĂ© derriĂšre les fourneaux.
© Passy CĆurNoir pour Time Out
Le pari est osĂ© car ce plat camerounais composĂ© de feuilles de vernone, dâarachides et de crevettes et/ou de viande revĂȘt une certaine amertume. « Câest vrai que le goĂ»t est trĂšs complexe, mais il a un potentiel Ă©norme pour des clients qui recherchent des sĂ©quences gustatives », explique-t-il. « Et nous avons choisi de le dĂ©mocratiser comme si câĂ©tait une saucisse purĂ©e ! »
Lâinscrire au menu de ce restaurant â qui est aussi une « terre dâaccueil pour des chefs en rĂ©sidence » â nâest donc pas anodin. Ici, lâenvie Ă©tait surtout de « dĂ©passer les clichĂ©s » entourant les gastronomies dâAfrique, « jugĂ©es trop riches, monotones ou trop pimentĂ©es », et de donner « une autre vision que le yassa, le mafĂ© ou le tiep ». « La cuisine a toujours Ă©tĂ© un mĂ©dium privilĂ©giĂ© d'Ă©change culturel et de partage, et notre gĂ©nĂ©ration se place dans la continuitĂ© de celles et ceux qui nous ont prĂ©cĂ©dĂ©s », observe Etienne Biloa. « Mais contrairement Ă nos parents ou nos grands-parents, nous sommes plus nombreux Ă ĂȘtre formĂ©s aux mĂ©tiers de la restaura
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Chez Ernest
Ă deux pas du canal de lâOurcq, lâassociation Ernest a enfin trouvĂ© son QG : un giga bar/resto/lieu culturel Ă la dĂ©co indusâ, boisĂ©e et carrelĂ©e Ă souhait. Dans ce tiers-lieu multitĂąche, tous les bĂ©nĂ©fices financent des programmes dâaide alimentaire, de la confection de colis Ă la distribution de repas lors des maraudes dans le quartier. Et chaque midi, dix des quatre-vingts tables sont rĂ©servĂ©es Ă des personnes en situation de grande prĂ©caritĂ©. GĂ©nĂ©reux, le Ernest ? Oh oui.
Et le bonhomme ne vient pas seul : des potes chef(fe)s de Top Chef et dâailleurs dĂ©fileront lors de rĂ©sidences. Le reste du temps, Margaux Fary (ex-le Coucou) et sa fine Ă©quipe assurent la rĂ©galade nĂ©o-bistrotiĂšre depuis la grande cuisine ouverte.
Ăa commence avec des wontons crousti-fondants garnis dâune juteuse farce veau-porc bien citronnĂ©e et titillĂ©s par une Ă©clatante chili oil maison (attention Ă ne pas en abuser). Puis vient un risotto de sarrasin â au moelleux dâĂ©dredon â qui sâentoure de pleurotes snackĂ©s, dâun potimarron grillĂ© presque caramel, et dâun siphon de gingembre pour rĂ©veiller le plat. Lâensemble se rĂ©vĂšle un peu salĂ© cependant â lâeffet rodage. Pour finir, la (bonne) poire pochĂ©e et compotĂ©e sâacoquine avec un crumble Ă lâamande, et une nage au vermouth toute fraĂźche. Et lâaddition ? Aussi lĂ©gĂšre que le dessert : la formule dĂ©j (entrĂ©e-plat-dessert) affiche un abordable 19 âŹ.Â
Le soir, ça bascule en flopĂ©e de tapas (de 3 Ă 13 âŹ) avec, entre autres, tempuras de brocolis, kefta de veau
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Les petits plats dans l'écran : une scénographe culinaire nous raconte les secrets de la nourriture au ciné
A lâentrĂ©e, les nĂ©ons se reflĂštent sur les longues tables en inox. Une foule dâustensiles sont accrochĂ©s aux murs, des robots et des plaques Ă induction sont disposĂ©s sur le plan de travail. Ă premiĂšre vue, rien ne diffĂ©rencie le laboratoire de Caroline Le TouzĂ© dâune cuisine professionnelle. Pourtant, ici, ce quâon cuisine nâest pas destinĂ© Ă ĂȘtre mangĂ©. Depuis cinq ans, cette ancienne pĂątissiĂšre de 39 ans, formĂ©e au Ritz et Ă la Maison LenĂŽtre, « magnifie des mets pour soutenir la narration » des Ćuvres de fiction.
« Jâai toujours adorĂ© le cinĂ©ma, et surtout, jâĂ©tais fascinĂ©e par lâenvers du dĂ©cor, lĂ oĂč tout fourmille, confie-t-elle. Jamais je ne me suis dit que je pouvais en faire partie. » Lâaventure dĂ©marre lorsquâun client de sa biscuiterie lâinvite sur un tournage. Elle commence alors comme conseillĂšre française auprĂšs de la food stylist de la sĂ©rie Julia sur HBO Max, qui retrace la vie de Julia Child, star de lâĂ©mission tĂ©lĂ©visĂ©e The French Chef dans les annĂ©es 1960. Devant la camĂ©ra sâentrechoquent une mousse au chocolat, un homard en sauce, des ravioles Ă la truffeâŠ
Tofu et eau de pois chiche
Si tous les plats sont comestibles â « au cas oĂč les acteurs les mangent » â, le travail tourne surtout autour des textures et des couleurs pour les rendre visuellement attrayants Ă la camĂ©ra. Le produit fini doit aussi rĂ©sister aux conditions de tournage, quâil sâagisse de la mĂ©tĂ©o, des spots lumineux Ă haute tempĂ©rature, ou simplement des heures passĂ©es sur une mĂȘme scĂšne. «

Cuisines afro-montantes : découvrez la cover de mars 2025 de Time Out
Ă Paris, une garde de chef(fe)s rĂ©invente les gastronomies subsahariennes, rendant leurs lettres de noblesse Ă des mets parfois mĂ©prisĂ©s. Du ndolĂš servi comme une saucisse purĂ©e Ă la blanquette de veau twistĂ©e au baobab, ces chefs afrodescendants bousculent les codes, cassent les clichĂ©s et imposent une vision nouvelle et audacieuse de leurs hĂ©ritages culinaires. Une rĂ©volution douce mais puissante que lâon a souhaitĂ© raconter Ă travers notre nouvelle couverture digitale.
Et qui mieux que Glory Kabe (cheffe indĂ©pendante Ă lâapproche afro-vĂ©gane), Pierre Siewe (chef de la Table de Penja et artisan dâune cuisine mĂ©tissĂ©e franco-camerounaise) et Ătienne Biloa (fondateur du bistro Touki Bouki Belleville et agent de talents culinaires) pour incarner ce renouveau ? Rendez-vous par ici pour dĂ©couvrir notre cover story, et entrer dans les cuisines de celles et ceux qui changent la donne.
© MARS 2025 - Passy CĆurNoir pour Time Out