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Trois jours à Nimmo Bay, l’un des hôtels les plus luxueux du Canada. Gastronomie, hydravion, faune sauvage et expériences uniques en Colombie-Britannique.

Sitôt la fourchette traversant la chair parfaitement nacrée du flétan pêché à quelques kilomètres, dans la salle à manger flottante en pleine forêt tropicale du Grand Ours — la plus grande forêt pluviale tempérée côtière au monde, s’étendant sur 6,4 millions d’hectares — je me disais que peu de choses pourraient me sembler plus parfaites.
C’est parce que je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait pendant ma retraite de trois jours au Nimmo Bay Resort, situé à 2h au nord de Vancouver.
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Et non seulement l’environnement isolé est un cadeau de mère Nature, mais le programme culinaire, imaginé et exécuté par une brigade de 30 cuisiniers, est pour le moins impressionnant.
J’avouerais avoir eu un moment d’hésitation avant de plonger dans l’eau à 45 degrés de l’archipel, malgré une combinaison tellement épaisse pour me sentir invincible. Au moment de non-retour, je croisais déjà un inoffensif lion de mer d’une tonne et plongeais tête première pour soutirer les oursins dans leur habitat naturel, nageais à travers les étoiles de mer tout en me laissant transporter par le doux courant.
Avant de prendre froid, je me retrouve déjà sur le bateau en train de savourer les plus fraîches gonades d’oursins ouverts sur-le-champ par nul autre que mon guide de choix — le copropriétaire et fils du fondateur Craig —, Fraser Murray, qui aura également récupéré sur son chemin une bouteille de champagne à la mer. Un accord de rêve, dans un décor rêvé. Ma journée ne faisait que débuter. Pêche aux crevettes, aux concombres de mer, au sébaste, à la morue charbonnière, sans oublier un fantastique lunch sur une barque aménagée au milieu de l’eau, appelée la table de l’océan.
Pour se rendre à Nimmo Bay, il faut emprunter les transferts du complexe : un vol nolisé d’environ une heure depuis Vancouver jusqu’à Port Hardy, suivi d’un trajet de 20 minutes en hydravion jusqu’au domaine, accessible uniquement par voie aérienne ou maritime.
Ici, tout ce qui se retrouve dans l’assiette a voyagé. Aucun producteur, aucun artisan à proximité : deux livraisons par semaine suffisent à nourrir la centaine d’employés qui font tourner le domaine, mais surtout la vingtaine d’invités qui y séjournent. La brigade se fait un devoir de travailler au maximum avec des artisans de Vancouver, dans une logique de cuisine du marché suivant le fil des saisons, et ce, malgré l’isolement.
Le séjour minimal étant de trois jours, impossible de se reposer sur ses lauriers : la brigade doit redoubler d’originalité pour ne jamais être redondante. L’expérience du soir est ainsi différente chaque jour, entre soirées «Bistro », le traditionnel « crab boil », menu dégustation ou simplement tout ce que vous désirez. L’équipe flanche à toutes les demandes, dans la mesure du possible.
Mon dernier soir, installé au comptoir du chef, j’ai eu droit à un magnifique pétoncle tranché en trois sur la longueur surmonté d’une sauce XO maison, nageant dans un léger lait d’amande maison et perlé de deux huiles distinctes, suivi d’un fondant canard laqué accosté d’un profond mole aux betteraves. En dessert, le Philippe Gauthier m’a présenté un lisse sorbet au shiso adroitement présenté, sur un crumble de pavot et une compotée d’airelles sauvages. Je n’aurais jamais cru aussi bien manger à des kilomètres de tout.
Détail qui m’a particulièrement touché : malgré le fait que cet endroit demeure peu connu des Québécois — et de l’Est du Canada en général —, la brigade, en cuisine comme au service, compte une belle représentation québécoise, qui revient saison après saison avec un plaisir non feint.
Un séjour au complexe de luxe éco-responsable Nimmo Bay Wilderness Resort en Colombie-Britannique coûte généralement entre 2 799 CA et plus de 3 300 CA par personne et par nuit.
L’expérience à 15 000$ ? Simplement atterrir en hydravion en apercevant les toits rouges typiques des cabines est déjà un moment en soi. Le domaine en compte neuf au total — six donnant directement sur l’eau, trois nichées un peu plus profondément dans la forêt, bercées par le bruit de fond d’une cascade. Cette même cascade alimente d’ailleurs le domaine en eau potable et en énergie verte grâce à une roue Pelton toujours en fonction.
Le rythme des journées suit celui de la nature : séance de yoga matinale au son de la pluie sur la maison de bois, randonnée en forêt tropicale à enjamber d’énormes arbres centenaires et millénaires, cueillette d’herbes et de plantes avec mon guide, que l’on fait infuser pour la boire sur le bord de la rivière.
Il y aura aussi une séance de kayak sur la baie tranquille à la recherche des grands Hérons et des otaries. En tout temps, le paysage reste marqué par les montagnes et les fjords — difficile de rester indifférent.
Tour en hélicoptère ou en avion, journée de pêche suivie d’un repas champêtre sur la plage préparé par des chefs, massages… Il ne semble avoir aucune limite aux activités proposées en supplément de charge.
Nimmo Bay ne date pas d’hier. Craig Murray en avait fait son camp de pêche familial il y a plus de quarante ans, un projet artisanal typique du « meat and potatoes » propre aux camps de pêche de l’époque. C’est la seconde génération qui a eu l’audace de tout repenser, pour hisser l’expérience à un niveau qu’on n’associerait jamais, de prime abord, à un coin aussi reculé de la province.
Aujourd’hui, en 2026, le domaine n’accueille qu’une poignée de chanceux ayant les moyens de s’offrir l’une des neuf cabines. Et il y a de fortes chances que vous puissiez lever un verre avec Fraser Murray et sa femme Becky, brillants de leur constante présence, qui prendront un réel plaisir à vous raconter cette grande aventure familiale — comme ils l’ont fait avec moi.
Pour en savoir plus sur le Nimmo Bay Wilderness Resort, cliquez ici.
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