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Découvrez tous les restaurants testés par la rédaction
Des terrasses planquĂ©es du Panier aux repaires iodĂ©s du Vallon, en passant par les bistrots du centre et les spots de street food qui rĂ©galent Ă 2 h du matâ, on a mangĂ© Marseille avec les doigts, le cĆur et parfois un peu trop de sauce. Chaque adresse ici a Ă©tĂ© testĂ©e par nos soins, sans langue de bois ni filtre Instagram. RĂ©sultat ? Un carnet dâadresses affamĂ© et franc du collier.
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OĂč voir de l'art Ă Marseille ?
OĂč voir de lâart Ă Marseille ? Facile : partout. Dans un musĂ©e suspendu face Ă la mer, sur un mur dĂ©crĂ©pi du Panier, dans une galerie planquĂ©e entre deux snacks ou au fond dâun hangar reconverti Ă la Belle-de-Mai. Ici, lâart ne se contente pas dâĂȘtre accrochĂ© : il dĂ©borde, il grimpe aux façades, il sâinfiltre dans les ruelles, les friches et les recoins insoupçonnĂ©s de la citĂ© phocĂ©enne. Voici notre sĂ©lection des meilleurs spots pour sâen mettre plein les yeux Ă Marseille.
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Les meilleurs restaurants de Marseille
DĂ©sirĂ©e pour sa lumiĂšre et son savant bordel, ses odeurs dâĂ©pices et de marĂ©es, de poisson grillĂ© et de viande rissolĂ©e, Marseille exerce un pouvoir dâattraction quâune vie entiĂšre ne suffirait pas Ă expliquer. De Vauban Ă la corniche, du Panier Ă Noailles, on la dĂ©vore Ă chaque coin de rue sans mĂȘme attendre une quelconque faim, tant les ouvertures se succĂšdent depuis une dizaine dâannĂ©es â avec plus ou moins de succĂšs.Â
Au-delĂ de la hype, certaines adresses se sont durablement inscrites dans le paysage, des lieux oĂč les Marseillais ont leur table, oĂč les touristes rĂ©servent parfois des semaines Ă lâavance pour espĂ©rer saisir ne serait-ce quâune lichette de ce que la ville a de plus vorace Ă offrir. Gastronomique, italien, burger, Ă©cailler, bistrot, en terrasse, en salle ou les pieds dans lâeau, voici les meilleurs restaurants oĂč engloutir Marseille par le menu.Â

Comment porter Marseille avec style ?
Parce que dĂ©sormais, Ă lâimage de Corniche Kennedy, la nature marseillaise devient aussi cĂ©lĂšbre quâun stade de foot, Les Catalans la Plage, câest la marque qui rend hype le bord de mer le plus proche du centre-ville. NĂ©e dâune simple photo de Sarah HyĂšne et Julien Ludwig-Legardez, cofondateurs du trĂšs talentueux atelier dâimpression Tchikebe, le tote bag sĂ©rigraphiĂ© en deux couleurs â sable et roche â vous garantit la plage toute lâannĂ©e. Câest le sac qui transporte du sable partout sans mettre de grains nulle part.
© Les Catalans de la plage
Tam-Ky, the family brand, ou comment faire dâune saga familiale une marque qui mixe Ă©picerie et streetwear ?! Au milieu des pak choĂŻ et des banh cuon vendus dans lâunique supermarchĂ© asiatique du centre-ville, une flopĂ©e de casquettes colorĂ©es floquĂ©es Tam-Ky Family. Si vous voulez savoir depuis quand est nĂ©e lâhistoire marseillaise de cette famille vietnamienne, câest Ă©crit dessus. La nouvelle sĂ©rie est en denim, logo ton sur ton.
© Tam-Ky
Sous le soleil exactement, Cagnard, le plus chaud des studios de créa marseillais, fait du kitsch phocéen un art de communication. Agathe et Méria, couple à la vie comme à la plage, ont sorti, avec Luce Testemale, une collection de sweats chinés avec lettrages découpés dans des tissus recyclés puis brodés main. ModÚles uniques aux couleurs flashy et à la coupe bien vintage, parce que la mode marseillaise reste tellement intemporelle ! Le sweat à porter cet hiver pour un réchauffement climatique c

Les Calanques de Marseille : le guide essentiel
En français, « calanque », ça veut dire grosso modo « crique rocheuse ». Mais les calanques de Marseille ne sont pas juste des rochers au bord de lâeau. Non, ici, on parle de falaises de calcaire qui se jettent dans des criques turquoise, un peu comme des fjords norvĂ©giens, sauf que lĂ , lâeau est chaude et le soleil tape. Il y en a 26 au total, qui forment le Parc National des Calanques, un terrain de jeu gigantesque pour les randonneurs, les nageurs, les marins et les amoureux de la nature.
Entre Marseille et Cassis, ce parc, le plus grand pĂ©riurbain dâEurope, fait des ravages toute lâannĂ©e. Chaque Marseillais a sa calanque prĂ©fĂ©rĂ©e. Mais le hic avec les calanques de Marseille, câest quâon est parfois un peu trop nombreux Ă vouloir en profiter⊠Au risque de les abĂźmer. Alors, quelles calanques visiter, quand et comment sây prendre ? Ce guide vous file les clĂ©s pour trouver la vĂŽtre, avec en prime quelques tips pour Ă©viter de bousiller la flore et la faune prĂ©cieuses du coin.
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Les meilleurs restaurants italiens de Marseille
Napolitains, GĂ©nois, PiĂ©montais, Toscans⊠Au XIXe siĂšcle, câest de toute la Botte que les Italiens ont migrĂ© Ă Marseille, au point quâil y a 100 ans, un petit quart des Marseillais Ă©tait dâorigine transalpine, et il semblait Ă Albert Londres que la ville ne parlait quâavec les mains. CĂŽtĂ© recettes, la citĂ© phocĂ©enne sâest vite entendue avec ses voisins mĂ©diterranĂ©ens, allant jusquâĂ inventer le premier camion Ă pizza en 1962. On sâest plongĂ© dans le torrent de pĂątes et de pizzas qui nourrit chaque jour la ville pour vous servir cette sĂ©lection des meilleures tables au (vrai) goĂ»t dâItalie.

Les meilleures expos à voir cet été à Marseille
Entre JO et cagnard, reste-t-il cet Ă©tĂ© de la place pour du beau et de lâart ? La rĂ©ponse est Ă©videmment oui ! La preuve avec cette sĂ©lection de dix expositions qui vont vous emmener jusquâen septembre entre photos dâĂ©poque et Ćuvres sensibles. Pensez Ă garder du temps pour un plongeon quand mĂȘme !
Listings and reviews (14)

Musee d'art contemporain de la Ville
Le point G de lâart contemporain Ă Marseille se cache Ă Bonneveine, face Ă un immense pouce de CĂ©sar plantĂ© au milieu du carrefour. Le bronze, qui a voyagĂ© autour du monde, sâest posĂ© ici en 1994, en mĂȘme temps que lâinauguration du musĂ©e. AprĂšs quelques annĂ©es de sommeil, le MAC a rouvert, rĂ©novĂ© et agrandi. Hall vitrĂ©, coursive lumineuse et rooftop flambant neuf de 300 mÂČ : on redĂ©couvre le lieu avec plaisir, en espĂ©rant que des installations reviennent un jour habiter le jardin suspendu, comme autrefois.
L'Ă©tĂ© de la rĂ©ouverture, afin de retisser le lien avec un centre-ville un peu lointain, lâexpo Parade convoquait Ă la fois les collections du Frac et du Cirva. Basquiat, Niki de Saint Phalle ou Rauschenberg dialoguaient avec la jeune scĂšne amĂ©ricaine et quelques artistes marseillais, dans une « parade » des forces vives contemporaines des musĂ©es de la ville.
Ce lifting fait du bien, mais la programmation, encore trop chiche, ne suffit pas Ă fidĂ©liser le public hors-centre. Et inutile de rĂȘver dâun cafĂ© sur le toit ou dâun dĂ©jeuner sur place : la Ville nâa toujours pas lancĂ© dâappel dâoffres pour la restauration. On ressort donc le ventre vide, jusquâĂ nouvel ordre.

Vieille Charité
Il aura fallu rien de moins quâun Corbusier et un Malraux pour Ă©viter Ă la Vielle CharitĂ© de finir en gravats. Chef-dâĆuvre du XVIIe siĂšcle signĂ© Pierre Puget, ce rectangle de pierre rose et blanche â trois Ă©tages de galeries, une chapelle coiffĂ©e dâun dĂŽme Ă clocheton â avait Ă©tĂ© pensĂ© pour recueillir pauvres et vagabonds. AbandonnĂ© aprĂšs-guerre, le lieu renaĂźt en 1986, flambant neuf et dĂ©diĂ© Ă lâart.
DerriĂšre sa façade classique classĂ©e Monument historique, la Vielle CharitĂ© cache lâun des pĂŽles culturels les plus riches de Marseille : deuxiĂšme collection dâantiquitĂ©s Ă©gyptiennes de France (aprĂšs le Louvre), deux musĂ©es â archĂ©ologie mĂ©diterranĂ©enne, arts africains, ocĂ©aniens et amĂ©rindiens â, un centre de poĂ©sie, une salle de cinĂ©, et mĂȘme deux centres de recherche en sciences sociales.
Aujourdâhui, on y croise deux expos temporaires par an (en ce moment, Tatouage. Histoire de la MĂ©diterranĂ©e, jusquâau 28 septembre, et MĂšre We Sea : Exposition de Laure Prouvost dans la Chapelle du Centre de la Vieille CharitĂ©, jusqu'Ă fin janvier), dans une atmosphĂšre aussi studieuse que minĂ©rale.Â

Le Couvent
Le Couvent a dĂ©ployĂ© un nouvel espace⊠encore couvert de foin. Ultime trace de lâactivitĂ© de la congrĂ©gation religieuse qui a vĂ©cu lĂ , en autarcie, de 1840 Ă 2016. Depuis six ans, lâasso Juxtapoz a repris les rĂȘnes de cette imposante bĂątisse provençale, propriĂ©tĂ© de la Ville de Marseille. Ă quelques centaines de mĂštres de la gare Saint-Charles, lĂ oĂč les sĆurs vivaient cloĂźtrĂ©es, on danse, on crĂ©e, on picole, on Ă©change, on sâalanguit.
Aujourdâhui, lâancien couvent bruisse de rĂ©sidences dâartistes et dâĂ©vĂ©nements en pagaille. En mai, on sây pose pour cogiter autour dâune longue table (plutĂŽt que ronde) sur les inĂ©galitĂ©s de genre et de corps, on sâessaie Ă la broderie contemporaine avec Sophie Baillet de lâAtelier Olgajeanne, et on finit par se faire cueillir en douceur par le Jazz Fest, petit festival capsule signĂ© Marseille Jazz des cinq continents.
Le jardin de deux hectares, fermé au public depuis 150 ans, est désormais notre petit coin de paradis en quasi centre-ville. En se baladant, on découvre des potagers, des ruches, un poulailler, le tout bichonné par une brigade de jardiniers et les voisins du quartier.
CĂŽtĂ© cuisine, câest DavaĂŻ qui prend les fourneaux pour la saison 2025. DerriĂšre le nom, Alexia et Quentin envoient une tambouille fraĂźche et joyeuse, pour viandards comme pour vĂ©gĂ©s. Ă retrouver tous les soirs oĂč ça bouge au Couvent, et pendant les Ă©vĂ©nements, jusquâĂ la fin aoĂ»t.
Entre expos, cantine occasionnelle et rendez-vo

MAMO
1952. La CitĂ© Radieuse du Corbusier se dresse sur ses pilotis. Une unitĂ© dâhabitation futuriste qui empile 321 appartements, des commerces, une Ă©cole, un cafĂ©, un toit-terrasse pensĂ© pour bronzer, faire du sport⊠et un gymnase. En 2010, ce dernier, abandonnĂ©, est mis en vente. FascinĂ© par lâĆuvre du Corbusier, le designer franco-marseillais Ora-Ăto jette son dĂ©volu sur cette voĂ»te de bĂ©ton brutaliste.
Trois ans plus tard, en 2013, le MAMO â pour Marseille Modulor â sây installe. Un centre dâart contemporain perchĂ© sur le toit dâun immeuble-ville, pensĂ© comme un Ă©crin brut pour la crĂ©ation actuelle. Le nom, explique Ora-Ăto, est un « clin dâĆil dĂ©calĂ© et confraternel au MoMA de New York », et un hommage au "Modulor", cette unitĂ© de mesure imaginĂ©e par Le Corbusier Ă lâĂ©chelle de lâhomme.
RestaurĂ© mais conservĂ© dans son jus, le lieu est dĂ©sormais ouvert toute lâannĂ©e. Et offre aux artistes invitĂ©s un terrain de jeu unique, oĂč lâintĂ©rieur dialogue avec lâextĂ©rieur. Le toit devient Ćuvre dans lâĆuvre. On se souvient de Daniel Buren (2014), jouant avec les ombres portĂ©es sur chaque Ă©lĂ©ment architectural. Ou encore de Felice Varini et de ses formes gĂ©omĂ©triques projetĂ©es « sur, dans et avec une architecture pensĂ©e par Le Corbusier ».
Un caméléon sur un toit brûlant, qui transforme chaque expo en redécouverte surprise du Corbu.

ZaĂż ZaĂż
La team Matza est descendue du Mont pour rejoindre la rue Paradis avec un joli resto Ă la peau fraĂźche. DĂ©co soignĂ©e signĂ©e Julien Fuentes, jeune talent marseillais sorti de Camondo en 2006, et icono gourmande et sympa dâAna Studio pour l'ambiance. Et dans lâassiette ? Un triangle Sud-Ouest, Maghreb et MĂ©diterranĂ©e formĂ© par Mathieu Zard, Henri Klausner et Kaysser Agnouche avec une envie de twister les classiques du bistrot.Â
From Marseille to La Goulette, ça donne des Ćufs mimosa colorĂ©s Ă la sauce algĂ©rienne ou une merguez (maison) purĂ©e qui dĂ©verrouille les codes de la saucisse. Des entrĂ©es harissĂ©es Ă partager, des crĂšmes brĂ»lĂ©es salĂ©es safranĂ©es, Ă©pices et jus de cuisson : la carte fait la danse du ventre permanente, mĂȘme si ces tentatives de tirer des lignes entre la foire du village et les tentes berbĂšres manquent parfois de prĂ©cision.Â
Zaÿ Zaÿ sera un lieu vivant, avait prévenu l'équipe, et ça brasse effectivement pas mal dans ce bistrot bazar, entre fratrie, businessmen et couples. Une nouvelle adresse parfaite pour se rouler dans le rosé aux beaux jours avec en plus une des plus belles terrasses secrÚtes du moment avec meubles bétonnés sur mesure !
Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en payant l'addition à chaque fois, comme n'importe quel client !

Grenat
Pousser la porte de Grenat, c'est entrer dans un autre Marseille : salle chaude tournĂ©e vers l'intĂ©rieur qui isole du foutraque Vieux-Port, gĂ©nĂ©reux comptoir en granit et ambiance feutrĂ©e bercĂ©e par la chaleur d'une immense cheminĂ©e. Bien loin du BBQ saucisse qui enfume les Ă©tĂ©s phocĂ©ens, Grenat manie le feu avec la subtilitĂ© d'un souffleur de verre. Les aliments sont tous lĂ©chĂ©s, saisis, brĂ»lĂ©s selon qu'ils doivent ĂȘtre rosĂ©s, fumĂ©s, grillĂ©s.Â
Un petit labnĂ© fumĂ© pour se faire le palais, puis les chefs jonglent avec un subtil systĂšme de grilles Ă Ă©tages pour sortir une cuisine minutĂ©e Ă la flamme avec une parfaite maĂźtrise. Ce midi-lĂ , un roulĂ© de lapereau en kombu braisĂ© l'emportait sur les coquillages Ă la cheminĂ©e. On attrape ce petit lapin subtil farci aux herbes, sauçant l'XO jusqu'Ă la derniĂšre trace. A suivre, de belles ravioles de chĂšvre cachĂ©es sous des feuilles de chlorophylle et de longues pappardelles de betterave. Le Grenat d'Antoine Joannier et Neil Mahatsry tiendrait plus de cette racine que de la pierre couleur rosĂ©.Â
Les vins sont aussi ciselĂ©s, plutĂŽt nature, avec des cock-mocktails proposĂ©s en pairing. EmbaumĂ©, on l'est jusqu'au dessert avec un moelleux au malt, espuma de yaourt et marrons fumĂ©s. Un petit goĂ»t cendrĂ© en bouche, on pense Ă l'Ă©tĂ© oĂč Grenat investira une belle salle ouverte sur un patio, s'interrogeant nĂ©anmoins sur la pertinence d'une cheminĂ©e par 35°. En attendant, profitez-en en rĂ©servant les deux places au bout du comptoir, face cheminĂ©e.

Auffo
LâarrivĂ©e de Coline Faulquier Ă Auffo a fait presque autant parler que celle de Neymar au Santos FC ! Mais en une semaine dâouverture, la jeune cheffe a mis fin Ă la polĂ©mique qui a suivi la perte de la concession par lâĂ©quipe de lâĂpuisette, le restaurant en place depuis des dĂ©cennies. On garde la vue sur la Grande Bleue, mais avec un nouveau concept.
Staff, moquette et boiseries habillĂ©s dâĂ©lĂ©gants grĂšges, dĂ©co refaite Ă neuf, accueil tout sourire : Coline sâest appropriĂ©e le gĂ©nial restau-bateau. Trois menus (95 Ă 165 âŹ) dĂ©roulent une cuisine ciselĂ©e, bercĂ©e par les vagues. La viande a coulĂ© sous les rochers et lâassiette navigue dĂ©sormais entre lĂ©gumes, poissons et crustacĂ©s. On dĂ©couvre quâil y a des crevettes roses sous nos pieds, ici cuites et crues, relevĂ©es par un fumet de tĂȘtes bien costaud, croquant sous les premiĂšres amandes.
Des kicks brutalistes bousculent les plats faussement tranquilles, Ă lâimage de ce condiment brĂ»lĂ© aux moules et huile de gĂ©ranium Ă repousser tous les moustiques, autour de courgettes sous toutes les formes, y compris la fleur farcie aux crustacĂ©s. Lâasperge fumĂ©e, le lait ribot glacĂ©, le pin en sorbet et le petit pois en sucrĂ© : lâĂ©quilibre est tĂ©nu mais pile dans le mille. MĂ©di tribute : un grand menu bouillabaisse en cinq plats (240 âŹ) dĂ©cline tous les codes de la charte en freestyle nouvelle gĂ©nĂ©ration.
Auffo assume son positionnement high level â mais les prix, Ă©levĂ©s, restent proches de ceux dâavant â comme si lâĂ©toile abandonnĂ©e dans

Prosper
Fourneaux fumants, BBQ en cuisine, carte qui s'arrache. AprĂšs avoir fait flamber Belsunce lâan passĂ©, les deux frĂ©rots les plus fuego du moment ont ouvert une brasserie italo-française dans le cool du cours Ju. L'un en cuisine, François Roche aka Francis la lame, qui a baladĂ© ses couteaux chez GrĂ©gory Marchand ; et l'autre, Santi Michel aka Fuegito, Argentin d'origine qui envoie du love latino en salle.Â
MĂȘme si la carte est structurĂ©e dans un classique entrĂ©es-plats-desserts, on vous propose d'envoyer les assiettes comme elles arrivent. Et il est de bon ton de les partager. Cela permet de mĂȘler ses fourchettes dans un crudo de seiche dressĂ© dans une coupe Ă glace, dâĂ©changer des moules bien spicy du bout des doigts ou de briser Ă deux mains une pizza fritta soufflĂ©e au taleggio. Piment en confiture, XO de maĂźtre saucier, green harissa, les sauces punchy torpillent des produits bruts (poulpe, saint-pierre ou Ă©chine) cuits trĂšs prĂ©cisĂ©ment. La tarte de cochon sauce gribiche bouscule sĂ©rieusement le monde tout rose de la charcutâ. Un genre de pĂątĂ© en croĂ»te inversĂ© mĂȘlant gelĂ©e vinaigrĂ©e, terrine bien serrĂ©e et pĂąte sablĂ©e crousti. On pourrait s'en envoyer quelques kilos si l'on n'avait dans les mirettes ces morilles farcies volaille et veau ou cette Ă©chine de porc en croĂ»te.Â
Ajoutez à cette carte hyper-efficace des propositions de vins du monde bien senties (le chenin de Stéphane Sérol en Loire, Séléné en beaujo ou le malbec argentin de Matias Riccitelli) et vous tenez, avec

Otto
Otto, câest le petit frĂšre de la Cantinetta du cours Julien. Autre arrondissement, autre ambiance, mais mĂȘme esprit de cuisine. Ce bistrot aux airs de manoir fait dans les classiques mĂ©diterranĂ©ens bien maĂźtrisĂ©s, avec un sourcing impeccable de Pierre-Antoine Denis, qui court la Botte pour en rapporter le meilleur du culatello et de la linguine.
On attaque par un tartare de loup (14 âŹ), brut car sans jus de citron, macĂ©rĂ© dans une trĂšs bonne huile dâolive, suivi dâune aubergine Ă lâarmĂ©nienne (22 âŹ), la madeleine dâOtto, surmontĂ©e dâune basse cĂŽte de bĆuf confite et dâun yaourt concombre balancĂ© avant lâenvoi. Pas mal aussi, ces vesuvio (20 âŹ), des pĂątes entortillĂ©es crĂ©mĂ©es au parmesan 28 mois (Otto et sa grande sĆur en importent trois tonnes par an). Tous les jours, le restaurant propose des pĂątes aux fruits de mer â crevettes sauvages Ă la bisque, totĂšnes, palourdes de Port-Saint-Louis â fondantes de plaisir.
On conclut lâescapade avec la sĂ©lection trĂšs nature de la Cave des Amis voisine, ou alors avec des vins plus classiques, dans le ton de ce quartier qui semble bloquĂ© dans les annĂ©es 80.

Partenope
Souvent comparĂ©es â mĂȘme Maradona Ă©tait prĂȘt Ă Ă©changer â, Naples et Marseille ont un poste-frontiĂšre dans le Panier. Quand on passe la porte (souvent grande ouverte) de la trattoria Partenope, on arrive directement Ă Napoli, avec la mama en pantoufles qui passe le balai, le vacarme des discussions en italien et les ordres du boss Andrea qui volent au-dessus de tout ça.
CĂŽte Ă cĂŽte avec les flics dâen face, attablĂ©s face aux nappes en papier et aux Duralex de lâancien bistrot Le Berry, on zappe les entrĂ©es pour attaquer des plats formatĂ©s pour les gloutons. La pizzâ (12-19 âŹ) est Ă©videmment Ă la napolitaine, bien boursouflĂ©e et cuite au bois avec des garnitures simples mais efficaces : burrata quali, aubergine juteuse, jambon humide, basilic encore frais. Des pĂątes ? Les Partenope â guanciale et petits pois â, al dente comme au pays. Ne ratez pas les Luciana, quitte Ă les partager : quelques spaghettis au milieu dâune nage de petits poulpes moscardini entiers qui ont confit Ă lâĂ©touffĂ©e dans une sauce aux tomates cerises pleine de cĂąpres et dâolives.
Sâil ne reste pas de place pour le tiramisu â trĂšs classique â, la casa vous proposera des liqueurs fluos qui vous laisseront dĂ©finitivement perplexe devant cette cuisine de dingue opĂ©rĂ©e dans un cadre de ringue.

Super Mémé
Câest le retour de JĂ©jĂ© ! Depuis la fermeture dâIl Capriolo, on a Ă peine eu le temps de choper un de ses burgers Zerma, rue dâAubagne, que voilĂ dĂ©jĂ Â JĂ©rĂŽme BenoĂźt posĂ© dans les anciens locaux de Vientiane. Le chef marseillais Ă la bougeotte chronique plante ses couteaux dans une salle fraĂźchement repeinte, plus conviviale quâavant, avec une grande table dâhĂŽtes pour les tardifs. Sa micro-brigade en cuisine, lui en salle, JĂ©jĂ© virevolte de table en table pour vous dĂ©baller son menu comme sâil venait tout juste de jaillir de son cerveau en fusion.
Polpette et linguine arrosĂ©es dâune « sauce tomate de gĂ©nie et fregola poutargue, comme un risotto avec deux trois conneries dessus », annonce le Barbu. Deux entrĂ©es, trois plats, deux desserts : le midi, câest simple mais efficace. Les brocoletti barbotent dans une sauce tonnato parfaitement Ă©quilibrĂ©e â ce qui est rare â entre cĂąpres et pulpe de citron (dommage pour le pain pas trĂšs quali' qui ne donne pas envie de saucer). Et câest vrai quâelle est bonne, sa sauce : concentrĂ©e, bien tomatĂ©e, nappant des boulettes de veau aux herbes qui font office de signature maison.
Encore une lueur de JĂ©nie au dessert : une assiette snicker chococaouĂšte Ă dĂ©monter en quelques cuillĂšres. Par la fenĂȘtre, le graff dâen face reprend les couleurs de lâassiette vintage. Sous ses airs de mec pas trop dĂ©construit, JĂ©jĂ© sait aussi faire dans le raffinĂ©.
On passe sur la machine Ă cafĂ© qui clignote de lâĆil, et on revient le soir : MĂ©mĂ© devient Super, av

Primo Amore
On a longtemps Ă©tĂ© frustrĂ© de ne pouvoir shopper la mortadelle truffĂ©e de Jonathan Crigno que le week-end au marchĂ© dâAubagne. DĂ©sormais, le festin italien, câest tous les jours de la semaine dans deux adresses en plein centre de Marseille. FormĂ© 20 ans au sourcing par un trĂšs sĂ©rieux Italien, le boss de Primo Amore amasse les pĂ©pites de niche rigoureusement sĂ©lectionnĂ©es comme cette mozzarella de Paestum, filandreuse et juteuse, arrosĂ©e dâune huile des Pouilles.
Ciro, le chef sicilien place Lulli, et Antonio, le Napolitain sur le port, ont juste Ă plonger dans lâeau des pĂątes fraĂźches soyeuses (15,19 âŹ) et les arroser dâun pesto bien vert ou dâune sauce al pomodoro pour que lâon se remĂ©more le vrai goĂ»t de la trattoria. En trois tailles (15,49 âŹ), la planche de charcuterie, coupĂ©e Ă lâitalienne, redonne leurs lettres de noblesse aux coppa, Parme et autre mortadelle.
Dans cette carte dĂ©diĂ©e aux basiques de la Botte, difficile de rĂ©sister Ă la ciaccia (14,90 âŹ) : pain toscan cuit sur place, Ă fourrer, au choix, dâune base style crema di carciofi, dâun fromage tel une stracciatella, plus une charcutâ genre jambon blanc et un lĂ©gume façon antipasti. Le tout ridiculise sĂ©rieusement nos jambon-beurre. Pas de place pour le tiramisu ? Pas trĂšs grave, tous les produits sont dispos Ă lâĂ©picerie⊠Câest ça, le vice de lâAmore.