Émilie Laystary

Émilie Laystary

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Au Mucem, l’exposition « Bonnes Mères » déconstruit le mythe de la mère parfaite

Au Mucem, l’exposition « Bonnes Mères » déconstruit le mythe de la mère parfaite

Quel imaginaire l’expression « Bonne Mère » charrie-t-elle ? Et pourquoi l'avoir ici employée au pluriel ? Anne-Cécile Mailfert : La « Bonne Mère » est une référence directe à Marseille et à la statue majestueuse qui domine la ville. Elle incarne la compassion mais aussi ici une forme de puissance, conférée par la divinité. Or, elle peut être écrasante. Et laisse dans son ombre cette question : qu’est-ce qu’une bonne mère ? La question porte un jugement. C’est la pluralité et la diversité des vécus maternels, des plus grands bonheurs aux peines les plus profondes, ainsi que les différentes façons de prendre soin, que nous avons voulu mettre en lumière dans l’exposition, en invitant dans les représentations maternelles les grands-mères, les nounous, les éducatrices, des formes de famille élargie… De même que le désir de maternité non exaucé ou le refus de devenir mère. Le concept de la bonne mère est une construction idéologique récente à l’échelle de l’humanité, il date du XVIIIe siècle : la mère est sacrificielle et effacée. La « bonne mère » est devenue un standard illusoire et excluant dans nos sociétés actuelles. Les femmes qui ne correspondaient pas à l’ordre familial ont été vilipendées ou culpabilisées à travers les âges : qu’en est-il aujourd’hui ? Pourquoi est-il intéressant de regarder les thématiques de la maternité depuis la Méditerranée ? Caroline Chenu : À Marseille, Notre-Dame de la Garde est d’abord la patronne des marins. La statue étend son regard vers la me