Zoé a intégré la rédaction de Time Out Paris à la rubrique Arts en 2018, et a visité approximativement 528 expos depuis. On peut donc dire que c’est une “critique d’art”. Ça fait joli, ça fait plaisir aux parents et ça rassure les proprios parisiens.

Zoé Terouinard

Zoé Terouinard

Journaliste, Time Out Paris

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Articles (54)

Les meilleures expos à voir en ce moment à Paris

Les meilleures expos à voir en ce moment à Paris

Envie d’un grand bol d’art frais ? Peu importe le mois ou la saison, Paris abrite un nombre pantagruélique d’expos à même de combler votre appétit en culture, si bien qu’il est parfois difficile de faire le tri entre le bon et le moins bon. C’est pourquoi, équipé de notre calepin et de notre flair légendaire, on a bourlingué dans toute la ville pour ne sélectionner que la crème de la crème des expositions à Paris, qu’elles soient consacrées à la peinture, la photo, l’art contemporain, la sculpture ou encore le design. Résultat ? Un dossier expo aussi costaud qu’une cuisse de Roberto Carlos, qui vous fera vous sentir aussi heureux qu’un écureuil devant la version longue de Casse-Noisette ! Et pour encore plus de bons plans, inscrivez-vous à la newsletter de Time Out Paris.
9 ateliers d'artistes à découvrir à Paris

9 ateliers d'artistes à découvrir à Paris

A l’étroit dans votre petit studio parisien ? Glissez-vous le temps d’une visite dans la peau d’un artiste de la bohème en visitant les ateliers des plus grandes stars de la peinture et de la sculpture. Baies vitrées, matos de compète et jardins trop mignons, on s’invite OKLM chez Rodin ou Giacometti, sans même avoir à apporter le dessert !
The 15 best museums in Paris

The 15 best museums in Paris

Dazzling history. Haute coutour. Prestigious paintings and more. When it comes to art and culture, the City of Lights has it all. And while exploring the Louvre's sprawling collection is a must-do for first-timers, Paris's museum scene goes beyond the Mona Lisa and her cheeky smirk. There are over 100 museums that reflect the city’s passion for artistic preservation, and while you’ll see familiar names below like the Musée d’Orsay, and yes, still even The Louvre, we dare you to venture out of these classic institutions to dig deeper. Time to get cultured à la française with the best museums in Paris this year. When’s the best day to visit a museum in Paris? Some of the city’s biggest museums open their doors for free on the first Sunday of every month, including the Louvre and the Musée d’Orsay, as well as some of the less obvious options, such as the Musée National Gustave Moreau, the former home and museum of the Symbolist painter. RECOMMENDED: Check out our full guide of the best things to do in Paris This article was written by the editorial team at Time Out Paris. At Time Out, all of our travel guides are written by local writers who know their cities inside out. For more about how we curate, see our editorial guidelines. This guide includes affiliate links, which have no influence on our editorial content. For more information, see our affiliate guidelines. 
Tassiana Aït-Tahar : de la Uber Life à la vie d’artiste

Tassiana Aït-Tahar : de la Uber Life à la vie d’artiste

Passée par l’école Kourtrajmé, c’est désormais aux Beaux-Arts de Paris que l’artiste et photographe Tassiana Aït-Tahar s’épanouit. Avant ça, cette Messine d’origine livrait vos plats avec Uber Eats, grimpant les étages d’immeubles bourgeois sac kraft à la main, sillonnant l’lle-de-France au volant de sa Clio « qui démarrait au bout de quatre coups de clé ». Une vie rythmée par des notifications et des rires en attendant dans le froid devant des McDo bondés avec ses collègues. Un parcours atypique que la petite protégée de l'artiste JR décrit aujourd’hui dans son livre Uber Life (Fisheye Editions), mise en pages d’une œuvre d’art totale, entre court-métrage, projet photo et installation.  © Tassiana Aït-Tahar Une publication qui coïncide avec celle de Santé-Course, une grande étude sur les conditions de travail des livreurs de plateforme, menée par l’Institut de recherche pour le développement et l’Institut national d’études démographiques. Comme un reflet plus poétique, le travail de Tassiana Aït-Tahar dépeint lui aussi cette réalité violente, qui a été la sienne. Avec critique, certes, mais aussi avec beauté et humour. Un récit à la première personne novateur, alors qu’on a encore trop l’habitude d’entendre les autres parler pour les livreurs. « Tassiana a documenté son expérience de manière très personnelle. Parce qu’elle est au cœur du sujet, ça devient des scènes de vie », résume très justement JR, qui a signé une interview croisée avec l’artiste dans son livre.  À quel
The best art galleries in Paris for art afficionados this year

The best art galleries in Paris for art afficionados this year

For centuries, Paris was the undisputed art capital of the Western world. Many pioneering, perspective-altering artists lived in Paris over the years – van Gogh, Picasso, Monet, Dalí and countless others are just a few – and much of their work can be found within the city’s immense number of museums, galleries, attractions, salons and other art spaces. We suggest to look beyond the classical institutions and check out some up-and-comers at one of the dozens of contemporary art galleries in Paris. The team over at Time Out Paris have visited every gallery in the city (most of them twice), so you can trust them on the best spots. Here is our local’s guide to the best art galleries in Paris right now.  📍 RECOMMENDED: Our ultimate guide for best things to do in Paris  Houssine Bouchima and Zoe Terouinard are editors at Time Out Paris. At Time Out, all of our travel guides are written by local writers who know their cities inside out. For more about how we curate, see our editorial guidelines. 
Les meilleurs musées pour enfants à Paris

Les meilleurs musées pour enfants à Paris

Il n’y a pas d’âge pour aller au musée et se cultiver, surtout quand la curiosité des enfants dépasse celle des adultes. Et si les impressionnistes n’impressionnent pas toujours les plus jeunes, Paris, elle, sait y faire pour captiver les petites têtes. La capitale regorge de musées, d’ateliers créatifs et de programmes éducatifs parfaitement taillés pour eux. Dans ce dossier recensant les musées pour enfants à Paris, on croise aussi bien des institutions incontournables, comme le Centre Pompidou et la Cité des sciences, que des adresses plus confidentielles et ludiques à souhait, comme le pétillant Musée en herbe. Alors, inutile de stresser si vos gamins préfèrent les dinosaures aux tableaux de maître : Paris a de quoi les occuper. Détendez-vous, voici 14 plans bien rodés, conçus pour émerveiller petits et grands enfants en quête de savoir, de surprises et de rigolades.
Les meilleures idées cadeaux de Noël 2025 pour les amateurs d’art

Les meilleures idées cadeaux de Noël 2025 pour les amateurs d’art

Oubliez les bougies parfumées, les tricots à tête de renne et les robots-mixeurs condamnés au placard. Cette année pour Noël, jouez la carte audacieuse : offrez de l’art ! Un objet qui surprend, qui fait sourire, qui aiguise l’œil ou titille la curiosité, peu importe l’âge ou la somme mise. Que l’on ait 5, 30 ou 60 ans, que l’on vibre pour l’impressionnisme, le cubisme ou les œuvres les plus expérimentales, que l’on préfère le sage ou l’impertinent, laissez tomber les cadeaux convenus. Misez sur un présent qui sera regardé, utilisé ou fièrement affiché. Notre sélection éclectique s’en charge. Par ici pour d'autres idées de cadeaux de Noël !
Les musées à visiter absolument à Paris

Les musées à visiter absolument à Paris

S’il y a encore des progrès à effectuer dans la promotion des jeunes artistes, côté patrimoine, Paris sait y faire avec plus de 100 musées qui témoignent de cette obsession pour la conservation artistique. Dans ce dossier, on a décidé d’en répertorier une vingtaine, avec des incontournables tels que le Louvre ou Orsay, mais aussi des institutions plus intimistes et plus audacieuses dans lesquelles il serait dommage de ne pas s'aventurer. Paris ville-musée ? Pas qu’un peu, mon n’veu ! Plus de musées Envie d'une sélection plus thématique ? Découvrez nos dossiers des musées pour enfants, des musées gratuits ou encore des musées ouverts le premier dimanche du mois. 
Les designers parisiens du moment

Les designers parisiens du moment

On entend beaucoup parler du design scandinave, on vante l’épure japonaise, on célèbre la brutalité berlinoise. Mais qu’en est-il du design made in Paname ? Loin d’avoir à rougir, la jeune génération du design parisien assure la réputation de notre chère capitale et pousse la pratique encore plus loin, en mariant esthétique et revendications politiques, démarches sociales et prises de risques. Pour partir à la rencontre de nos 10 chouchous du moment, de Hall Haus à Hugo Drubay, c’est par ici. 
Rencontre avec Hall Haus, le collectif de designers le plus en vue de Paris

Rencontre avec Hall Haus, le collectif de designers le plus en vue de Paris

L’amour de la matière ? Non, c’est bien le hip-hop qui a amené les membres de Hall Haus vers le design. « C’est grâce à des artistes comme Pharrell qui se sont peu à peu tournés vers cette pratique. Ça a suscité une intuition en nous tous, je pense », explique Abdoulaye Niang, l’un des quatre fantastiques du studio parisien qui multiplie depuis 2020 les collabs avec des grandes marques et les projets de prestige.  Un parcours étonnant qui n’était pas tout tracé pour les quatre membres, originaires de banlieue parisienne et dont aucun ne nourrissait l’ambition de devenir designer. Et pourtant. « Moi, par exemple, j’ai fait un bac STG, donc rien à voir, poursuit Abdoulaye. J’avais juste pris l’option arts plastiques. Teddy, lui, a fait opticien-lunetier. Au fur et à mesure, on a fini par entendre parler des grandes écoles d’art. A partir de là, l’ENSCI m’est apparue comme une évidence, parce que je ne voulais pas faire uniquement du graphisme ou de l’art. Je voulais vraiment faire quelque chose d’appliqué à une industrie. » Sur les bancs de l’école, ils rencontrent Sammy Bernoussi, puis Zakari Boukhari, avec qui ils partagent la même vision de la discipline. Leur but : imaginer des pièces qui leur parlent, et qui parlent aux autres, loin des monolithes cryptiques des galeries d’art et des froids appartements de milliardaires. Leur nom : Hall Haus, fusion du hall des grands ensembles et des enseignements du Bauhaus. « L’idée, c’est de faire des allers-retours entre ces deux mond
Nos galeries préférées où voir du design à Paris

Nos galeries préférées où voir du design à Paris

Dans cette ère post-Covid où les fauteuils des années 50 semblent avoir remplacé les fringues dans le cœur des consommateurs, les galeries spécialisées dans le design ont le vent en poupe. Chaises Bauhaus, lampes Memphis et buffets scandinaves font de l’ombre aux tableaux dans les espaces d’exposition parisiens, comblant les fantasmes mobiliers des amateurs et des plus grands collectionneurs. Histoire de s’y retrouver dans une offre de plus en plus vaste, on vous a fait une sélection de nos galeries préférées. Et pour découvrir notre dossier des meilleures expos à Paris, c'est par là.
Les meilleures expositions photo à Paris

Les meilleures expositions photo à Paris

Paris, qui a vu naître le 8e art au XIXe siècle, demeure à bien des égards le centre névralgique de la création photographique : les musées déroulent les tapis rouges pour les maîtres de l'argentique, les galeries s'arrachent les talents émergents et le public se précipite aux portes des expos. Pas de doute, les temps sont cléments pour les photophiles à Paris. Preuve en est, voici quelques expos pour en prendre plein les yeux.

Listings and reviews (183)

Hassan Hajjaj, My Rock Stars, à la Cité de la Musique

Hassan Hajjaj, My Rock Stars, à la Cité de la Musique

5 out of 5 stars
Au musée de la Musique, Hassan Hajjaj met les stars en boîte. Billie Eilish, Madonna, Rachid Taha, Cardi B, Amadou et Mariam ou encore Alicia Keys défilent dans un grand salon marocain sous stéroïdes, où les canettes de soda font office de zelliges et les boîtes de conserve de moulures. My Rock Stars réunit près de quarante portraits, entre Marilyn pop art et culture du réemploi. Son truc, à Hassan Hajjaj ? Prendre les codes de la photo de studio, du luxe, du streetwear et du folklore marocain, les passer au shaker, puis servir le tout avec beaucoup de couleurs. Rachid Taha n’aurait pas pu trouver mieux en le surnommant “Andy Wahloo” (contraction d’Andy Warhol et du terme arabe walou, “rien”) ! Canettes, boîtes de conserve et emballages de consommation forment le cadre, tapis traditionnels se substituent au fond, et les célébrités, pourtant habituées à être photographiées, se font contorsionner par ce touche-à-tout britanno-marocain qui les noie sous une tonne d’accessoires et de sapes à lui, quitte à les faire disparaître sous le costume. On est loin de la photo Getty de tapis rouge.  Derrière les couleurs et la bonne humeur, l’expo raconte aussi une histoire de circulations. Larache, Londres, reggae, dub, hip-hop, gnawa, capoeira… Hassan Hajjaj, qui a grandi dans ce collage culturel, en a fait une méthode artistique, inspiré par les photographes maliens Malick Sidibé et Seydou Keïta et les studios de rue sénégalais des années 1950. La première partie, Roots: From Larache to
Kerry James Marshall : The Histories*, au musée d’Art Moderne

Kerry James Marshall : The Histories*, au musée d’Art Moderne

5 out of 5 stars
Non, Kerry James Marshall n’a rien à voir avec Kery James, boss de la Mafia K’1 Fry. Quoique : cette rétrospective organisée par le Musée d’Art Moderne, la première française consacrée au peintre américain, a elle aussi du flow et des revendications. 70 œuvres, dont huit inédites, retracent plus de quarante ans de travail autour d’une question : qui a vraiment le droit d’apparaître dans l’Histoire de l’art ? Chez Marshall, les figures noires reprennent ainsi le premier rôle dans une peinture occidentale qui les a longtemps invisibilisées, jusqu’à occuper toute la scène dans des toiles parfois monumentales. L’expo s’ouvre sur de grands classiques, comme « Invisible Man » (1980), inspiré de l’ouvrage du même nom de Ralph Ellison. L’approche est radicale, la gamme de pigments noirs utilisée est plus que bre-som.  Plus loin, « De Style » paraît moins politique (ce n’est pas le cas) et nous plonge dans un salon de coiffure afro, où les clients semblent nous prendre en flagrant délit d’observation. Le grand geste ? Transformer une scène quotidienne en peinture d’histoire. Car Kerry James Marshall ne peint pas seulement des personnes noires : il peint surtout leur absence dans l’histoire de l’art. Nuance, et pas des moindres. Pensé de manière chrono-thématique, le parcours avance par cycles, comme une playlist bien mixée. On passe de l’esclavage à la vie quotidienne, du mouvement des droits civiques, des Black Power aux portraits imaginaires de figures historiques, pour amorcer un r
Leonora Carrington, chez Almine Rech

Leonora Carrington, chez Almine Rech

4 out of 5 stars
Après sa rétrospective au musée du Luxembourg, revoilà Leonora Carrington à Paris. Et cette fois-ci, c’est chez Almine Rech, rue de Turenne, que ça se passe. L’artiste réalise ici sa toute première exposition personnelle à la galerie, qui se trouve face au casse-tête sans nom : devoir ranger cette artiste ultra-complexe dans une case. Surréaliste ? Trop réducteur. Peintre ? Pareil. Femme, peintre, Britannique, Mexicaine, écrivaine, sculptrice, alchimiste, sorcière en chef de son propre bestiaire… Leonora Carrington, c’est avant tout une multitude de couches qui expliquent toute la profondeur de son art. Alors plutôt que d’essayer de faire rentrer des ronds dans des carrés, Almine Rech, qui court du dessin à la peinture, de la sculpture aux masques et tapisseries, décide d’embrasser toutes les facettes de cette grande rêveuse. Et a surtout l’intelligence de ne pas raconter Carrington à travers un parcours limitant, à grands coups d’anecdotes biographiques. Elle préfère faire circuler les œuvres, les matières et les espèces. La grande joie de cette expo (gratuite, on vous le rappelle), c’est son aspect « écrin », ultra-confidentiel. C’est seul, dans l’intimité de ce white cube, que l’on déambule, les yeux rivés sur des œuvres qu’aucun élément de scénographie ne vient perturber, avec pour seul accompagnement le bruit de nos talons sur le sol bétonné. Un espace qui permet à des pièces comme The Lovers (1987), El Laberinto (1991) ou La Naguala (1975), et leurs cohortes de chevaux,
Eva Gonzalès, Parcours d’une artiste libre, au Petit Palais

Eva Gonzalès, Parcours d’une artiste libre, au Petit Palais

3 out of 5 stars
Il était temps de rendre à Eva Gonzalès son nom, et, accessoirement, sa place. Après des décennies à jouer les figurantes dans l’histoire de l’impressionnisme, coincée entre Berthe Morisot et l’ombre XXL de son mentor Manet, la voici enfin la vedette de sa propre expo au Petit Palais, dans une première rétrospective française d’envergure. Et pour une artiste trop longtemps rangée dans la catégorie « à découvrir si vous voulez approfondir », cette entrée dans la prog parisienne est plutôt classe : près de 100 œuvres venues de Londres, Chicago, Denver, Brême ou encore Madrid constituent cette monographie en collaboration avec le Van Gogh Museum d’Amsterdam. « Parcours d’une artiste libre » Le titre, à lui seul, résume toute sa vie : « Parcours d’une artiste libre ». Libre d’exercer dans un monde où les Beaux-Arts fermaient leurs portes aux femmes. Libre de faire de la peinture son métier, et jamais le passe-temps d’une jeune fille bien née. Libre de vouloir imposer sa peinture au Salon, plutôt que de jouer les outsiders avec le reste des Impressionnistes… Car Eva Gonzalès mérite mieux qu’un statut de victime, comme on a tendance à l’accorder à tous ces artistes mis de côté par l’Histoire de l’Art en raison de leur genre ou de leurs origines. Déjà, elle, elle n’est pas si inconnue : sa toile « Une loge aux Italiens » a vu défiler tous les visiteurs du musée d’Orsay. Pourtant, on ne connaît pas grand-chose d’elle, ni de sa vie, ni du reste de son œuvre, aussi dense soit-elle mal
Daido Moriyama, Lettres d’amour à la photographie, à la Fondation Henri Cartier-Bresson

Daido Moriyama, Lettres d’amour à la photographie, à la Fondation Henri Cartier-Bresson

4 out of 5 stars
Depuis les années 1960, Daido Moriyama photographie à l’instinct, vite, sans trop se demander si ça va faire joli. À la Fondation Henri Cartier-Bresson, Lettres d’amour à la photographie fait pareil. Plutôt qu’un énième défilé de “grands clichés”, l’expo, au volume assez réduit, analyse la relation sentimentale (voire franchement obsessionnelle) de Moriyama avec son médium. Et à l’heure des images synthétiques parfaites, des filtres à tout-va et des souvenirs générés sur commande, quel rafraîchissement de voir une institution célébrer un photographe qui préfère l’image quand elle accroche, bave, tremble. Et surtout quand elle révèle toute l’humanité de celui qui l’a prise. Quatre chapitres et soixante tirages Le parcours ne tombe pas dans le piège de la visite au pas de course et de la chronologie “débuts prometteurs/période noire/consécration”. On est ici face à une vraie proposition curatoriale, qui fait un pas de côté par rapport à la rétrospective classique pour explorer de façon intimiste la fascination de Daido Moriyama pour la photographie. Organisés en quatre chapitres, les 60 tirages, documents et publications qui jalonnent la déambulation ont été soigneusement choisis pour résumer au mieux une pratique parfois difficile à saisir. Le premier chapitre, “Manifeste”, pose les bases. En 1972, le Japonais publie un livre on ne peut plus radical, Adieu photographie, dans lequel il fait le deuil de tout ce qu’il connaît sur son médium, envoyant tout péter pour que jamais pl
« Aux origines, Regards croisés sur le racisme et les discriminations », au musée de l’Histoire de l'immigration

« Aux origines, Regards croisés sur le racisme et les discriminations », au musée de l’Histoire de l'immigration

4 out of 5 stars
À l'heure où l'extrême droite tutoie les sommets, où le mot “wokisme” est dégainé plus vite qu’un brassard de contrôleur RATP sur les plateaux télé, l’exposition Aux origines, Regards croisés sur le racisme et les discriminations tombe à pic. Et quoi de plus ironique que de démonter cette mécanique au Palais de la Porte Dorée, ancien Palais des Colonies ? Repenti, celui que l’on nomme désormais musée de l’Histoire de l’immigration accueille une expo essentielle qui n'a rien du tribunal ni du cours magistral, grâce à un parcours thématique brillant autour du regard. Celui qui découpe le monde en cases, qui colle des étiquettes, et que 43 artistes de 20 nationalités prennent un malin plaisir à disséquer. Ayant bien compris qu’aujourd’hui, il ne suffit plus d’émouvoir, l'expo sort l'artillerie lourde et fait dialoguer les œuvres avec les sciences sociales. Ici, un néon d'Emeka Ogboh recrache le sinistre “Quand il y en a un, ça va…”. Là, Bouchra Khalili rend justice aux travailleurs immigrés. Plus loin, la merveilleuse Sara Sadik trolle les fantasmes sur les quartiers populaires avec plus de finesse que vingt éditos de CNews. Et entre deux œuvres tombent les chiffres. Un nom maghrébin ? Un tiers de chances en moins d'être rappelé par un employeur. Un jeune perçu comme noir ou arabe a quatre fois plus de probabilités d’être contrôlé par la police. Une agence immobilière sur deux joue les videurs ethniques. Ici, les statistiques ne sont plus des chiffres nébuleux, mais les cartels
Where Thoughts Provoke, Henry Taylor, au musée Picasso

Where Thoughts Provoke, Henry Taylor, au musée Picasso

5 out of 5 stars
Il aura fallu que Kendrick Lamar reproduise certains de ses tableaux sur la scène du Lollapalooza Paris 2023 pour que le nom de Henry Taylor traverse enfin l’Atlantique. Trois ans plus tard, le musée Picasso offre sa première rétrospective française à un peintre qui n’a jamais caché son admiration pour le plus célèbre des cubistes. Une consécration européenne beaucoup trop tardive qui s’inscrit dans un mouvement plus large de réévaluation des grands artistes afro-américains. Rappelez-vous : on a vu Faith Ringgold s’épanouir sur les mêmes cimaises, ou David Hammons squatter la Bourse de Commerce. Aujourd’hui, c’est à Henry Taylor d’écrire l'un des chapitres les plus passionnants de la (re)découverte de ce corpus par le public français.  La centaine d'œuvres déployée sur deux étages navigue entre peintures d'histoire, installations énigmatiques, chroniques sociales et récits intimes. Violences policières, mémoire afro-américaine, inégalités raciales… Tout est là, mais jamais sous forme de slogan. Henry Taylor préfère raconter plutôt que démontrer. Une méthode devenue presque subversive à une époque où tout le monde semble vouloir transformer l'art en tribune – ou la tribune en art. Car Henry Taylor ne peint pas l’Amérique. Il peint les gens qui la traversent. Pour l’occasion, le Californien déploie une collection immense, allant des premiers essais sur des paquets de clopes aux portraits XXL dans lesquels Martin Luther King, Jay-Z, le voisin qui organise le barbeuc du quartier
Camille Vivier, à la Maison Européenne de la Photographie

Camille Vivier, à la Maison Européenne de la Photographie

5 out of 5 stars
La première rétrospective consacrée par la Maison européenne de la photographie à Camille Vivier est probablement le meilleur plan pour se mettre à l’ombre cet été dans ce Paris sous canicule. Au dernier étage de l’ancien hôtel particulier, l’exposition fait dialoguer corps et objets à travers un parcours thématique qui refuse l’organisation millimétrée d’un CV pour faire parler toute une carrière.  Construite à partir d’une centaine d’œuvres allant du Polaroid au tirage XXL, la monographie mélange commandes éditoriales, séries personnelles, portraits, natures mortes et images quasi fantastiques. Elle fait surtout la part belle aux corps féminins, dans des représentations nourries par les influences multiples de Camille Vivier, qui n’hésite pas à questionner les normes de beauté et la hiérarchie des goûts. Intéressant pour une artiste qui a fait ses armes dans les magazines de mode ! Car si la photo de mode a longtemps fabriqué des silhouettes standardisées, la Française, elle, préfère les corps qui débordent du cadre. Et c’est ce qui fait tout son charme.   Une féminité au pluriel Les culturistes Sophie, Deborah ou Tjiki traversent ainsi plusieurs salles comme des héroïnes récurrentes, muses des temps modernes dont les corps deviennent une matière plastique à part entière. Les biceps sculpturaux répondent aux courbes d'un vase, les épaules massives à l'architecture d'un décor. Le muscle n'est ni performance ni provocation, mais prétexte à une poésie visuelle inédite. Sans di
Leandro Erlich, au Grand Palais

Leandro Erlich, au Grand Palais

4 out of 5 stars
Pour cette première grande monographie française consacrée à Leandro Erlich, le Grand Palais aligne 14 installations monumentales, toutes plus impressionnantes les unes que les autres. Peuplé de nuages en vitrine, d’escaliers sans fin et de fenêtres volantes, le parcours, intégré à la programmation du Grand Palais d’Été, est pensé comme une succession d’épreuves ludiques que l’on découvre dans la légèreté et dans les rires. Et pour avoir bourlingué à travers pas mal de galeries, on vous assure que c’est assez rare pour être souligné. Le Grand Palais, qui trône habituellement si fièrement sur sa belle avenue, devient une machine à dérégler les certitudes. Ici, on ne regarde pas l’art : on se vautre dedans, on y trébuche avec élégance, et on se met à douter de la gravité – et de notre pouvoir d’attraction. Bâtiment, star incontestée du casting, résume bien l’affaire. Nous voilà en train de grimper une façade haussmannienne posée à l’horizontale, comme si la capitale tout entière avait glissé sur une peau de banane. Plus loin, les bassins illusionnistes transforment les visiteurs en nageurs de surface, penchés au-dessus d’un vide sec avec la même perplexité que face à une notice IKEA. C’est drôle, spectaculaire, immédiatement lisible. Et ça a ses limites. L’expo assume une forme de clarté presque trop parfaite, où chaque illusion est démontée en même temps qu’elle est montrée. C’est propre, fluide, ça fait des super photos Instagram. Mais qu’est-ce qui résiste, une fois notre st
Károly Ferenczy, Modernité hongroise, au Petit Palais

Károly Ferenczy, Modernité hongroise, au Petit Palais

4 out of 5 stars
En France, son nom évoque plus un mot de passe wi-fi qu’un grand artiste. En Hongrie, Károly Ferenczy est pourtant une star dans sa catégorie, considéré comme le père de la modernité picturale nationale. Cette première rétrospective française a donc quelque chose de l’ordre du rattrapage historique. Le parcours, dense sans être indigeste, déroule près de 140 œuvres racontant les métamorphoses d’un peintre qui a tout testé, sans jamais se laisser enfermer. Naturaliste, symboliste, impressionniste ? Ferenczy est tout ça à la fois, et plus encore. Il change de peau sans changer d’obsession : saisir la lumière et ce qu’elle révèle des êtres. Et quelle lumière ! Avec Ferenczy, le soleil n’éclaire pas les tableaux : il leur donne vie. Les paysages de Nagybánya, les scènes de baignade, les autoportraits ou les portraits familiaux dégagent tous cette même chaleur intimiste, cette même délicatesse teintée d’une lumière plus vibrante que celle d’Hopper, moins menaçante que chez ses potes flamands, avec des accents presque mystiques. Mais la vraie surprise réside dans ses nus tardifs. Il y a du Caillebotte, il y a du Vallotton chez Ferenczy, qui peint les corps comme il peint les paysages, avec la même attention aux tressaillements de la lumière, avec la même fragilité des instants. Les silhouettes pâles, féminines comme masculines, émergent de fonds colorés, presque monochromes, grâce à un trait d’une grande précision. Ce sens de la ligne contraste délicieusement avec la nonchalance de
Calder. Rêver en équilibre, à la Fondation Louis Vuitton

Calder. Rêver en équilibre, à la Fondation Louis Vuitton

5 out of 5 stars
À sculpteur monumental, rétrospective monumentale ! Alexander Calder n’avait pas fait l’objet d’une rétrospective parisienne à la hauteur de son influence depuis les années 80. Un manque comblé aujourd’hui par la Fondation Louis Vuitton, de façon magistrale. Couvrant un demi-siècle de création, des années 1920 aux années 1970, l’expo s’appuie sur plus de 300 pièces, allant des petits jouets sculpturaux aux mobiles XXL qui ont fait la réputation de l’artiste. Face à l’immense Rouge triomphant dans le hall d’entrée, l’évidence saute aux yeux : il n’y avait pas meilleur lieu pour accueillir l'œuvre de Calder. On passe assez vite les premières salles, témoins de ses balbutiements dans la peinture – intéressant, pas passionnant –, puis le fil (de fer) nous conduit vers ce qui deviendra son domaine de prédilection, la sculpture. L’invention de son “Cirque Calder” dès les années 1920 atteste de sa créativité, mais surtout de son avant-gardisme. Ménagerie bricolée de bouts de ficelle et d’imagination pure, l’ensemble présente tout à la fois un artiste, un ingénieur, un clown et un démiurge. Tout est déjà là, du goût du déséquilibre au désir de réhabilitation de matériaux pauvres en passant par l’étude des ombres et cette fameuse obsession du geste, qui fait basculer sa sculpture du côté de la performance.  Le cirque laisse ensuite place à l’abstraction. Après le choc Mondrian, Alexander Calder lâche les figures pour mieux attraper l’invisible. Les mobiles entrent en scène, et avec eu
Matisse 1941-1954, au Grand Palais

Matisse 1941-1954, au Grand Palais

5 out of 5 stars
_*]:min-w-0 gap-3"> Que se passe-t-il quand on frôle la mort ? La prudence ou bien l'audace ? Plutôt la deuxième option dans le cas d'Henri Matisse qui, après avoir subi une opération traumatisante, remet son destin dans les mains du dessin. "Mais genre, vraiment," comme diraient certains. De ce que l'artiste qualifiera de "deuxième vie" jaillit une période prolifique, plus libre, plus insolente aussi. Au Grand Palais, le parcours en 300 œuvres, presque plus thématique que chronologique, suit cette mue, des dessins sériels de Thèmes et variations aux derniers Intérieurs de Vence, en passant par sa maîtrise de la gouache et ses papiers découpés. Jamais une exposition n'avait rassemblé autant de chefs-d'œuvre de cette dernière décennie de la vie de l'artiste, faisant cohabiter L'Escargot avec La Gerbe, les Acanthes ou encore Zulma, grâce notamment à des prêts d'exception qui prouvent que, même lorsque l'on croit avoir déjà tout vu de Matisse, le mec cache encore quelques secrets. _*]:min-w-0 gap-3"> En se concentrant sur les treize dernières années de la vie de Matisse, l'exposition raconte l'histoire du deuil heureux de la peinture à l'huile, mais aussi d'une renaissance, survenue à l'âge de 72 ans. Cloué au lit, Matisse invente un espace sans gravité, un jardin intérieur couché sur le papier. Côté scéno', c'est très beau. On lui promettait le noir à jamais, lui s'est tourné vers la couleur. Éclatante, vibrante, elle est systématiquement magnifiée par un éclairage qui frôle

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5 questions à Louis Verret, l’artiste qui immortalise le meilleur du PSG à l’aquarelle

5 questions à Louis Verret, l’artiste qui immortalise le meilleur du PSG à l’aquarelle

Qui a dit que le football ne pouvait pas être un sujet artistique ? Certainement pas Louis Verret, peintre parisien qui, depuis plusieurs années déjà, s’attèle à immortaliser la beauté du sport à travers des séries d’aquarelle. Un travail remarqué par Nike qui a fait appel à l’artiste pour célébrer le Ballon d’Or du Club de l’année du PSG fraichement acquis. Résultat ? Dix aquarelles, de l’eau salée, des émotions qui débordent et des souvenirs précieux couchés sur papier.   © Louis Verret5 questions à Louis Verret, l’artiste qui immortalise le meilleur du PSG à l’aquarelle   TIME OUT : On a souvent tendance à penser à l’aquarelle comme une pratique sur le motif, plutôt utilisée pour peindre des petites scènes de nature sur le vif, de petites choses instantanées. Toi, tu peins des matchs de foot. Comment est-ce que cette idée t’est venue ? Louis Verret : L’aquarelle a ce bagage culturel de la peinture sur le motif. C’est-à-dire que lorsqu’on voit une aquarelle, on se dit que la peinture a été faite devant le sujet, en live, que ça croque un instant. Moi, j’exploite cet aspect-là de ce médium, puisque je peins des matchs de foot, des instants fugaces qui ont réellement existés. Mais je travaille à partir de photos ou de captures d’écran de matchs. Tout le monde a pu avoir accès à ces images-là,  je n’invente pas de situation. Mais il  y a cette illusion de rapidité quand on regarde mes peintures à l’aquarelle, alors que pas du tout. Tout est travaillé à partir d'une espèce de
Pourquoi les artistes contemporains sont-ils tous obsédés par la nourriture ?

Pourquoi les artistes contemporains sont-ils tous obsédés par la nourriture ?

Dans le monde de l’art, il y a deux sortes de vernissages : ceux où l’on regarde les œuvres en tenant une coupe de champagne tiède, entre deux claquements de bises tout aussi chaleureux, et ceux où l’on finit par se demander si le buffet ne serait finalement pas la meilleure pièce de l’exposition. Entre les deux, une petite révolution mijote. À Art Basel Paris 2026, le collectif gastronomique We Are Ona invite l’artiste thaïlandais Rirkrit Tiravanija à embarquer pour Bangkok. Une collaboration qui rappelle que l’art ne se contente plus de se regarder : il se goûte, se partage et met souvent du temps à se digérer. Quel meilleur artiste pouvait inviter We Are Ona que Rirkrit Tiravanija qui, depuis plusieurs décennies, a fait de la cuisine et de la notion d’hospitalité de véritables médiums artistiques ? En préparant des repas pour les visiteurs de ses expositions, il transforme la galerie en cuisine ouverte, et le public en convives. Avec lui, pas de chef-d’œuvre à contempler religieusement à deux mètres de distance, mais une œuvre qui se joue dans l’expérience, dans les rencontres, et qui disparaît, bouchée après bouchée. De quoi donner quelques sueurs froides aux collectionneurs. C’est vrai ça, difficile d’accrocher un curry vert au-dessus du canapé. © Laurent GiannesiniPourquoi les artistes contemporains sont-ils tous obsédés par la nourriture ? Passer l’art à la casserole Aussi révolutionnaire semble-t-elle, l’idée n’est pourtant pas si nouvelle (on passera sur le cours m
À Paris Internationale, Banc Public ouvre son premier resto éphémère

À Paris Internationale, Banc Public ouvre son premier resto éphémère

Au quatrième étage de son nouveau QG du quai de Valmy, Banc Public inaugure Permanent Hospitality, un restaurant à rebours des white cubes aseptisés, inspiré des coulisses d’un service en plein coup de feu. Mais attention : si on vient ici pour manger, les yeux ne sont pas en reste pour autant. Lumières signées Lucien Nicou (qui y présente son projet HSL_01), mobilier bénéficiant du soutien de Novu Paris ou encore ambiance sonore assurée par Radiant Studio… Tout est mis en œuvre pour transformer la foire d’art parisienne en scène vivante, où l’on vient autant pour nourrir son regard que son estomac. Si Paris Internationale aime faire monter la cote des artistes, Banc Public, lui, entend bien faire monter la sauce. Pour cela, le studio fait appel au chef arlésien Numa Muller, qui convoque une Méditerranée de saison, solaire mais pas prout-prout. Au programme ? Un menu en trois temps au déjeuner, puis des assiettes à partager le soir, à picorer assis ou debout. Le service court de midi à minuit, de quoi laisser largement le temps aux amateurs d’art venus se sustenter de refaire le monde, commenter une œuvre sur le tard ou prétendre avoir une ref que l’on vient tout juste de googler sous la table. Preuve que l’hospitalité n’est pas un concept de vernissage réservé aux initiés, Banc Public associe ambiance joyeusement bordélique de cantine et exigences élevées d’un étoilé. Avec, en bonus, un menu qui n’a pas besoin d’un cartel explicatif pour donner envie. Un projet qui défend un
À l’occasion d’Art Basel Paris, l’artiste Nadjib Ben Ali signe une œuvre inédite avec le PSG

À l’occasion d’Art Basel Paris, l’artiste Nadjib Ben Ali signe une œuvre inédite avec le PSG

À Paris, il y a ceux qui font la queue devant le Grand Palais pour contempler le dernier geste conceptuel à six zéros, et ceux qui se pressent dans le métro, direction le Parc des Princes, pour assister au dernier match du PSG. Deux mondes (aux lignes aussi bien tracées que celles d’un terrain de foot) que l’artiste Nadjib Ben Ali et le Paris Saint-Germain comptent bien réunir avec « Et on dansera », une collaboration imaginée tout spécialement pour Art Basel Paris 2026 et présentée du 12 au 25 octobre 2026. L’œuvre, inspirée par l’énergie du collectif, n’a pas l’intention de rester sagement accrochée à un mur blanc, sous la surveillance d’un gardien de galerie. Au contraire : elle s’apprête carrément à devenir une affiche officielle de la campagne Art Basel, aussi bien visible dans le métro que sur les plateformes numériques du club… avant de pousser jusqu’à la pelouse du Parc des Princes. Point d’orgue de cette tournée hors les murs ? Le 20 octobre prochain, quand les joueurs parisiens enfileront un maillot d’échauffement exclusif inspiré de l’œuvre à l’occasion d’un match de Ligue des champions contre le FC Barcelone. Une façon pour l’artiste de démocratiser un peu la création contemporaine : « Faire sortir cette création du cadre strict de la peinture, la voir circuler dans Paris et jusqu’au Parc des Princes, c’est aussi une manière de faire dialoguer l’art avec celles et ceux qui le rencontrent, parfois là où ils ne l’attendent pas », a-t-il ainsi expliqué dans un commun
Les 11 expositions à voir (absolument) en juin 2026 à Paris

Les 11 expositions à voir (absolument) en juin 2026 à Paris

Calder. Rêver en équilibre, à la Fondation Louis Vuitton À sculpteur monumental, rétrospective monumentale ! Alexander Calder n’avait pas fait l’objet d’une rétrospective parisienne à la hauteur de son influence depuis les années 80. Un manque comblé aujourd’hui par la Fondation Louis Vuitton, de façon magistrale. Couvrant un demi-siècle de création, des années 1920 aux années 1970, l’expo s’appuie sur plus de 300 pièces, allant des petits jouets sculpturaux aux mobiles XXL qui ont fait la réputation de l’artiste. Lire notre critique ici.Quand ? jusqu'au 16 août 2026Où ? 8 avenue du Mahatma Gandhi - Bois de Boulogne, Paris 16e. © 2026 Calder Foundation, New York / ADAGP, Paris. Photo courtesy of Calder Foundation, New York / Art Resource, New York Gianni Versace Retrospective, au musée Maillol Né en 1946 et disparu tragiquement en 1997, Gianni Versace a fait de la marque éponyme l'un des noms les plus connus de l'industrie de la mode grâce à ses créations baroques et glamour et un certain sens de la provocation teinté d'appréciation pour l'art et la culture. Une exposition rétrospective (la première en France depuis 1986) va permettre de redécouvrir le travail du fondateur. Quelque 450 pièces sont réunies pour l'occasion : silhouettes originales, accessoires, croquis, objets décoratifs, photographies, vidéos et interviews. Quand ? du 5 juin au 6 septembre 2026Où ? 59-61 Rue de Grenelle, Paris 7e © Arches London Bridge / DreamrealizerGianni Versace Matisse 1941-
La chaise la plus célèbre de Paris cache une histoire folle depuis 1923

La chaise la plus célèbre de Paris cache une histoire folle depuis 1923

On ne vous apprend rien si on vous dit que Paris regorge de monuments. Mais alors que les guides citent volontiers la tour Eiffel ou le Sacré-Cœur, qu’en est-il de ces petits bouts de patrimoine oubliés ? Des terrasses de café, des graffs de la Petite Ceinture, des bouquinistes des quais ou des fameuses chaises vertes du jardin du Luxembourg ? Élément essentiel du mobilier urbain de la capitale, ces assises métalliques prouvent que le design a lui aussi sa place sur les cartes postales. Entre nous, on l’appelle “la chaise verte”, “la chaise en métal” ou même “la chaise du Luco”. Chez Fermob, son revendeur depuis 2004 (elle est fabriquée par la société Edmond & Fils), elle s’appelle tout simplement “Luxembourg”. Mais son histoire est, elle, bien plus ancienne, et elle accompagne les premiers dates, les pauses dej improvisées, les dissert’ de dernière minute et les siestes de cadres en RTT officieuse depuis 1923. Aujourd’hui, ce sont près de 4 500 assises qui sont réparties dans le jardin du Luxembourg (d’où elle tire son nom), et qui permettent aux habitants de la Rive gauche et à leurs visiteurs d’arrêter leur course folle quelques minutes, le temps d’observer le spectacle parisien qui s’y déroule chaque jour, entre touristes émerveillés, balades quotidiennes de papi-mamie et rires d’enfants. Une révolution qui ne dit pas son nom À Paris, rares sont les objets qui connaissent aussi intimement les fesses de plusieurs générations. Avant elle pourtant, les Parisiens posaient déj
Les 11 expositions à voir (absolument) en mai 2026 à Paris

Les 11 expositions à voir (absolument) en mai 2026 à Paris

Calder. Rêver en équilibre, à la Fondation Louis Vuitton À sculpteur monumental, rétrospective monumentale ! Alexander Calder n’avait pas fait l’objet d’une rétrospective parisienne à la hauteur de son influence depuis les années 80. Un manque comblé aujourd’hui par la Fondation Louis Vuitton, de façon magistrale. Couvrant un demi-siècle de création, des années 1920 aux années 1970, l’expo s’appuie sur plus de 300 pièces, allant des petits jouets sculpturaux aux mobiles XXL qui ont fait la réputation de l’artiste. Lire notre critique ici.Quand ? jusqu'au 16 août 2026Où ? 8 avenue du Mahatma Gandhi - Bois de Boulogne, Paris 16e. © 2026 Calder Foundation, New York / ADAGP, Paris. Photo courtesy of Calder Foundation, New York / Art Resource, New York     Matisse 1941-1954, au Grand Palais _*]:min-w-0 gap-3"> Que se passe-t-il quand on frôle la mort ? La prudence ou bien l'audace ? Plutôt la deuxième option dans le cas d'Henri Matisse qui, après avoir subi une opération traumatisante, remet son destin dans les mains du dessin. "Mais genre, vraiment," comme diraient certains. De ce que l'artiste qualifiera de "deuxième vie" jaillit une période prolifique, plus libre, plus insolente aussi. Au Grand Palais, le parcours en 300 œuvres, presque plus thématique que chronologique, suit cette mue, des dessins sériels de Thèmes et variations aux derniers Intérieurs de Vence, en passant par sa maîtrise de la gouache et ses papiers découpés. Jamais une exposition n'avait rassemblé
Les 17 expositions incontournables à voir absolument en avril 2026 à Paris

Les 17 expositions incontournables à voir absolument en avril 2026 à Paris

Clair-obscur, à la Bourse de Commerce Avec un titre pareil, on s'attendait à une exposition sur les héritiers du Caravage. On vous prévient : il n'en est rien. Le sujet est complexe, voire un poil ambitieux, et s'appuie sur une centaine d'œuvres (quasi toutes issues de la collection Pinault) pour tenter de créer un parcours où le visible se heurte à l'invisible. Hasard du calendrier (ou pas), l'exposition s'est ouverte au milieu de conflits géopolitiques majeurs, qui lui donnent un éclairage tout particulier. L'idée ? « Partir d'une feuille noire pour y faire jaillir la lumière et les œuvres », comme l'explique la commissaire Emma Lavigne. Quand ? jusqu'au 31 août 2026 Où ? Bourse de Commerce, 2 rue de Viarmes, Paris 1er. Lire ici notre critique de l'exposition Clair-obscur. Pierre Huyghe, Camata, 2024, robotique alimentée par apprentissage automatique, film autogénéré, édité en temps réel par des algorithmes d’apprentissage automatique, son, capteurs. Pinault Collection. © Adagp, Paris, 2026.   Martin Parr, Global Warning, au Jeu de Paume Ici, une peau cramée par le soleil. Là, une plage plage saturée de slip de bains moulants. Plus loin, un buffet qui ploie sous le poids du plastique et des restes. Partout, des humains. Trop d’humains, face à une planète qui souffre sous le coup du dérèglement climatique, du tourisme de masse et de la surconsommation. Roi de l’humour british, Martin Parr (1952-2025) traduit en image les discours les plus alarmistes, sans jamais
Plus que quelques jours pour découvrir gratuitement « Paname », l’impressionnante expo ultra-réaliste de Bilal Hamdad

Plus que quelques jours pour découvrir gratuitement « Paname », l’impressionnante expo ultra-réaliste de Bilal Hamdad

Qui aurait pu imaginer que les vendeurs de clopes du métro Barbès se retrouveraient un jour à côté des natures mortes de Manet et des scènes mythologiques de Rubens ? Déployée au Petit Palais jusqu'au 8 février 2026, l’exposition Paname dresse le portrait fidèle d’un Paris cosmopolite, loin des cartes postales et des pavés impeccables de Saint-Germain-des-Prés. Des rues bondées de la porte de Clignancourt aux vendeurs de roses devant les bars du 11e, l’artiste hyperréaliste formé aux Beaux-Arts de Sidi Bel Abbès et de Paris flirte avec la précision photographique dans ces 21 toiles à l’huile, directement héritées du baroque de Vélasquez et du réalisme de Courbet. Sans jamais négliger l’essence même de sa ville de cœur, quitte à froisser les touristes. Voir cette publication sur Instagram Une publication partagée par Time Out Paris (@timeoutparis) Car si Courbet, justement, peignait des casseurs de pierre éreintés ou des baigneuses de la campagne aux pieds sales pour choquer dans les salons, Hamdad, lui, représente des livreurs Deliveroo, des jeunes filles en méduse et des mecs en jogging. Et près de deux siècles plus tard, personne ne vient discuter la place de ces protagonistes sur les cimaises d’une institution prestigieuse. Comme son aîné, Bilal Hamdad n’a que faire des formats imposés. Il couche sur toile un quotidien saisissant de réalisme, capturé au préalable par son fidèle appareil photo, pour en faire des peintures d’histoire. Et redonner un peu de
Derniers jours pour voir “Fury”, l’expo photo choc de l’artiste Marie Quéau qui questionne la violence, la douleur et le plaisir

Derniers jours pour voir “Fury”, l’expo photo choc de l’artiste Marie Quéau qui questionne la violence, la douleur et le plaisir

Il y a de ces expos qui nous chamboulent, dont on ressort parfois fascinés, parfois mal à l’aise, mais toujours la tête encore pleine des images qui ont défilé sous nos yeux lors de la déambulation. “FURY”, de Marie Quéau, est de celles-là. Explorant les états-limites du corps humain, l’artiste met en scène - jusqu'au dimanche 8 février - des cascadeurs, plongeurs et autres participants de fury rooms pris sur le vif, au seuil de la douleur. Voire pire. Doit-on flirter avec la mort pour se sentir vivant ?  “Comment apprend-on à tomber, se jeter par une fenêtre, mourir, tout casser sur rendez-vous ?”. Inaugurant le parcours, cette phrase le résume tout aussi bien. Organisée autour d’un projet vidéo éponyme, “FURY” pose la question de la violence. Pas comme désir de tout foutre en l’air, non, mais comme frontière entre plaisir et souffrance, contrôle et liberté totale. Un point de départ qui instaure déjà le malaise, exacerbé par les grands formats presque immersifs, l’installation audiovisuelle centrale et sa bande-son d’un souffle haletant ainsi que par les éclairages, très faibles. Apnée, voltige, immolation et explosions de rage : à l’heure où l’on prône le dépassement de soi à tout va, doit-on flirter avec la mort pour se sentir vivant ?  Marie Quéau, Sans titre #55, Action Training Productions, 2020, extrait de la série Fury, Courtesy Galerie Les filles du calvaire, Paris © Marie Quéau / ADAGP, Paris, 2025 Honnêtement, il est difficile de savoir si ce que l’on voit est
Vacances de Noël à Paris : les musées et expos à ne pas manquer avec les enfants

Vacances de Noël à Paris : les musées et expos à ne pas manquer avec les enfants

Vive le vent, vive le vent, vive les vacances d’hiver ! En parallèle de la cohue pour choper des cadeaux, les gens de garde sont bien heureux de trouver des activités pour occuper les enfants à balle d’adrénaline. Un dossier en forme de cadeau pour tout le monde. Cité des Sciences et de l’Industrie C’est un peu le Louvre des moins de 12 ans. Installée dans le parc de la Villette, la Cité des sciences et sa Géode accueillent familles et groupes scolaires depuis plus de 40 piges. Lieu incontournable des scientifiques en herbe, l’institution s’est dotée en 1992 de deux Cités des enfants : une dédiée aux marmots de 2 à 7 ans et une autre aux 5-10 ans. Les différents espaces du 19e invitent ainsi leur jeune public à se questionner, expérimenter, toucher, tester et apprendre tout en s’amusant. C’est la sortie famille réussie assurée.L’expo du moment : la rétrospective Jardiner propose une immersion dans les coins verts, entre espèces animales et végétales et sens attisés. Jusqu’au 12 janvier 2026.Où ? 30 avenue Corentin-Cariou, 75019 ParisQuand ? Ouvert de 9h15 à 18h du mardi au samedi et de 9h15 à 19h le dimanche. Fermeture les lundis et le 1er janvier, 1er mai et 25 décembre.Combien ? À partir de 4 € (billetterie ici) © Cité des sciences et de l’industrieHall de la Cité des sciences et de l’industrie à Paris Le Musée en herbe Si d’habitude, les enfants traînent les pieds derrière leurs darons extatiques devant des tableaux abstraits, la tendance s’inverse au Musée en herbe. Si
Comment les artistes peignent Paris en 2025

Comment les artistes peignent Paris en 2025

Robert Doisneau l’a photographiée, Truffaut l’a filmée, Juliette Gréco l’a chantée. Paris n’a jamais cessé d’inspirer. Aujourd’hui, ce sont les peintres et illustrateurs qui la racontent, sans décor en toc. Loin du Paris de carte postale, leurs œuvres montrent la ville telle qu’elle se vit : sous le métro aérien, dans les rues cabossées, au ras du trottoir. Antoine Maignan Crayon à la main, Antoine Maignan croque les façades des spots les plus en vue aussi souvent que l’équipe de Time Out croque les meilleurs grecs de Paris. Là où Gustave Caillebotte peignait les hauts-de-forme dans les rues mouillées de 1877, Maignan dessine les jeans baggy et sweats oversize des clients de Walk in Paris ou du Bouyon. Témoin de son époque, aussi à l’aise en design graphique qu’en photo ou en illustration, il réinvente la carte postale : une ville où la hype remplace les monuments. Voir cette publication sur Instagram Une publication partagée par Antoine Maignan (Neka) (@dmi.neka__) Jakman Originaire du Sénégal et installé à Fontenay-sous-Bois, Jakman, alias le « Cowboy Urbain », se met en scène en touriste dans sa propre ville, Stetson vissé sur la tête. Nourri par les couleurs vives des années 1960 à 1980, la démesure de la mode et la poésie du cinéma, il promène son alter ego de quartier en quartier, offrant une version Technicolor des toits parisiens et des comptoirs en zinc. Le bonus ? Des salons de coiffure afro aux bistrots du coin, dans l’univers de