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Que vous soyez amateur de sandwichs réconfortants, de desserts décadents ou de créations gastronomiques raffinées, cette sélection reflète la diversité et la richesse de la scène culinaire montréalaise.

2025 aura été l’année des schnitzels réconfortants, des sticky toffee puddings décadents, des soft serve ludiques et des crudos ciselés.
Les sandwichs restent rois, tandis qu’à l’autre extrême, le caviar continue de scintiller en salle.
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Sauf quelques exceptions, les nouvelles adresses se sont drapées de marbre et d’impressionnants luminaires, alors que le service se pare de vestes pour rehausser l’expérience.
Après avoir arpenté avec assiduité les tables les plus en vue de Montréal — nouvelles ou pas —, voici les dix expériences qui ont marqué mon année.
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Le chef Antonio Park est de retour en cuisine avec une sagesse, une bienveillance et une telle détermination qui le place au sommet de sa carrière. Son amour pour la cuisine — sa cuisine — se traduit par des nigiris d’une précision remarquable et des sashimis aux coupes nettes, mais aussi par une vision du futur en confiant le menu omakase à Natalia Ramos, arrivée du Brésil il y a plus d’un an, après des passages notamment au Evvai (2 étoiles Michelin) et Tuju (2 étoiles Michelin, 1 étoile verte). Une cuisine qui affirme plus que jamais – et fièrement les multiples racines de Park.
Le Franquette évoque cette vérité parfois oubliée : la grandeur d’un restaurant ne tient ni aux luminaires hors de prix ni aux démonstrations de luxe ostentatoire. Ici, tout repose sur la vision claire et la rigueur presque obsessionnelle du chef, dont la discipline se ressent dans chaque assiette. Une salade, pourtant d’une simplicité désarmante, devient mémorable par son équilibre, ses subtilités et sa vivacité. Le pain maison, à la croûte chantante, appelle au partage, tandis que l’onglet, parfaitement exécuté, rappelle pourquoi ce morceau demeure l’un des plus nobles lorsqu’il est bien traité. Et puis il y a ces frites — probablement les meilleures que j’ai mangées cette année —, fruit d’un processus méticuleux étalé sur trois jours, à la précision quasi scientifique. Une table sincère, maîtrisée, et profondément réjouissante.
Le restaurant Damas m’a offert une démonstration magistrale d’une gastronomie syrienne introuvable ailleurs au Québec. Servir près de 360 convives par soir, expédier des milliers d’assiettes — dont un menu dégustation de 10 à 13 services — tout en donnant l’illusion d’une table intimiste relève d’une chorégraphie qui impressionne. Des plats d’une rigueur et d’une exactitude exemplaire : précis à la moindre pincée de piment d’Alep. Du kibbeh nayyeh d’une finesse remarquable aux feuilles de vigne roulées à la main, du shish borek nappé d’un labneh de brebis aux crevettes kunafa, miel de chêne et pistaches au jeu de textures saisissant... La fattouche est une véritable pièce artistique, aux des coupes précises et aux ratios savamment calculés. Mention spéciale à l’accord des vins, mené avec passion et intelligence. Damas confirme son statut de très grande maison au Québec.
Derrière une façade volontairement sobre, cette table m’a servi des assiettes d’une intensité remarquable. Seul aux commandes, le chef signe une cuisine extrêmement personnelle, nourrie par le rythme des saisons, les coupes de sa boucherie et un parcours tissé aux racines anglaises, à la formation française et d’un Montréal adopté. Cette solitude en cuisine oblige une rigueur naturelle et crée un rare tête-à-tête avec le convive. Des plats qui marquent : chanterelles en chaudrée de maïs et esturgeon fumé, cappelletti au boudin et tomatillo du Québec, beignet à la fleur de courgette et anchois de Cantabrie, jusqu’au trifle aux griottes — un souvenir d’enfance revisité avec finesse.
Le Violon n’est pas né avec l’ambition d’être la table à la mode de l’année, mais bien celle dont on parlera encore avec la même ferveur dans une décennie. La cuisine de Danny Smiles et de Mitch Laughren se tient à l’écart des artifices — pas de fumée, de sphérifications, ni d’effets spectaculaires ou de cuissons sous-vide —, pour mieux miser sur l’essentiel. La force réside dans la justesse, la retenue et une maturité assumée. Les assiettes séduisent par leur sincérité et cette simplicité maîtrisée qui touche juste. On y perçoit un clin d’œil à la cucina povera, cet art italien de faire beaucoup avec peu, habilement brodé aux racines égyptiennes de Smiles — comme ce tartare évoquant le kibbeh nayyeh. Une cuisine personnelle, contemporaine, jamais caricaturale, et fermement ancrée dans son époque.
Le Sushi Nishinokaze demeure l’expérience qui m’a le plus marqué en 2025. Tout y repose sur une rigueur absolue et une attention presque obsessionnelle portée à l’ingrédient. La qualité des poissons est remarquable, mais ce sont surtout les nombreuses étapes réalisées en amont — maturation, salaisons, marinades, découpes précises — qui rehaussent chaque bouchée. Rien n’est laissé au hasard, et chaque préparation cherche à faire ressortir l’essence même du produit, sans artifice ni démonstration inutile. On y vit une véritable expérience Edomae, précise, presque méditative, comme on en rencontre très peu hors du Japon.
À force de courir les nouvelles tables, on tend à oublier celles qui font rayonner la ville depuis des décennies. Le Ferreira Café en fait partie. Cette institution portugaise, toujours portée par le fondateur Carlos Ferreira et aujourd’hui épaulée par ses filles Sandra et Claudia, continue de livrer une leçon de constance et de savoir-faire. Les poissons sauvages de la péninsule ibérique arrivent d’une fraîcheur saisissante, les yeux encore brillants, avant de passer simplement sur le gril puis d’être levés à la table. Les crevettes carabinero, d’un rouge intense, frappent par leur profondeur et leur puissance aromatique. Quant au riz aux fruits de mer, imprégné d’une bisque hyper profonde et aromatique garnie de crustacés et de mollusques cuits avec précision, marque durablement l’esprit. Le tout est porté par un service précis, professionnel et jamais envahissant — la signature d’une maison qui maîtrise son art.
Un jouissif pot-au-feu de saumon qui réconforte une journée d’hiver glaciale, un tian de légumes au cheddar de lait cru qui se révèle en multiples textures, un boudin noir accosté d’une capiteuse et sirupeuse sauce au cidre et purée de céleri-rave… Et puis, il n’y a pas que le steak-frites et les tartares avec leurs frites allumettes qui font déplacer les locaux des quatre coins de Montréal : le service, l’ambiance d’une chic brasserie française comme on retrouve peu à Montréal, sans oublier les desserts. Mention pour le moelleux au chocolat Valrhona et banane avec glace au maïs et le sticky toffee !
Chez Pasta Pooks, l’attitude faussement nonchalante masque une rigueur artisanale irréprochable. Derrière l’allure d’un bad boy, Luca s’affaire à étirer et façonner la pâte avec une précision rare : souple, fine, translucide, toujours fraîche du jour. Les casoncelli mantovani, garnis d’une farce de courge onctueuse, subtilement sucrée par l’amaretti et embaumée d’une pointe de muscade, remportent les pâtes de l’année — et probablement les meilleures jamais mangées. Aux côtés de ces raviolis aux plis parfaits, le menu fait toujours place à une pâte longue nappée d’un ragù longuement mijoté, dense et réconfortant, ainsi qu’à des gnocchis selon l’inspiration du jour. On accompagne le tout de deux ou trois petits plats bien sentis, et l’on comprend vite que l’on est ici face à la Rolls-Royce des pâtes fraîches.
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J’ai découvert que chaque expérience au Chien Fumant est mémorable, puisqu’elle va bien au-delà de l’assiette. L’ambiance, le quartier, l’histoire et le service se combinent pour créer une atmosphère particulièrement magique; optez pour le bar avec vue sur la cuisine et les poêles suspendues, puis vous serez assurément bien pris en charge. On y découvre autant des plats classiques — bœuf Wellington, côte de bœuf, gnocchis à la truffe — que des créations plus originales, comme les pétoncles au jamon bellota et les saucisses porc-chou façon dumpling. L’adresse se prête aussi aux plaisirs gourmands avec truffe, caviar, fromages affinés et quelques gros canons… Sans oublier la crème glacée molle à la fior di latte – extra truffe ou caviar : parce que tant qu’à y être.
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